La France annule un tiers de la dette du Mali

Un marché au Mali © Andrzej Grzegorczyk/ Shutterstock.com

Un marché au Mali © Andrzej Grzegorczyk/ Shutterstock.com

Le ministre des Finances français, en déplacement au Mali, a annoncé l’annulation d’une créance de 65 millions d’euros du pays envers la France.

Le ministre français des Finances Michel Sapin a informé le président malien Ibrahim Boubacar Keïta de l’annulation de 43 milliards de francs CFA, soit 64,8 millions d’euros, de la dette du Mali.

Paris détenait cette créance auprès de Bamako depuis 1984, une dette d’un montant initial de 229 millions d’euros qui faisait suite à la réintégration du pays dans l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA).

M. Sapin, présent à Bamako pour une réunion des ministres de la zone franc, avait été reçu le 9 avril par M. Keïta, auquel il a annoncé cette annulation de dette, selon le compte officiel twitter de la présidence malienne.

Un soutien dans le cadre de la lutte contre le terrorisme

« La France apporte son soutien au Mali pour lui permettre de lutter contre le terrorisme, de lui permettre d’affirmer son intégrité territoriale dans le dialogue. On le fait pour l’aider à satisfaire les impératifs de développement », a expliqué le ministre français lors d’une conférence de presse vendredi après-midi.

« Le terrorisme, quelle qu’en soit la nature, a besoin de financement. Si on veut éradiquer la terreur, il faut lutter contre son financement par des mécanismes appropriés », a par ailleurs ajouté M. Sapin.

Son homologue malien Mamadou Igor Diarra a salué le « geste de générosité » de Paris, précisant que Bamako y voyait aussi un encouragement dans une période où « de nombreux défis sont à relever, notamment dans le domaine sécuritaire », avec l’aide de la France.

Nous avons décidé de couper le chemin du financement du terrorisme. Tous nos efforts (de développement) sont sapés par des gens qui ont des idéologies d’autres siècles », a déploré M. Diarra.

La France a pris la tête en 2013 d’une intervention militaire internationale toujours en cours pour chasser les jihadistes du nord du Mali, tombé sous leur coupe en 2012, et dont ils ont été en partie chassés depuis.

Cette créance était traitée depuis 2007 par un mécanisme d’annulation-conversion avec une date d’échéance en 2019. M. Diarra avait demandé lors de la dernière réunion des ministres de la zone franc un mécanisme plus simple à gérer pour l’administration malienne.

Les annulations de dettes sont comptabilisées dans le budget de l’APD ; elles représentent donc des contributions à bas coût. Le budget de l’APD française a été sévèrement écorné ces dernières années, avec une chute notable de 10 % en 2014.

>>Lire aussi : L’aide au développement française tombe sous la moyenne européenne

Contexte

Depuis 1997, l’aide aux pays en développement a progressé pour atteindre un premier record en 2010, selon les données établies par le Comité d’Aide au Développement de l’OCDE.

L’aide publique au développement s’est ensuite contractée en 2011 et 2012, lorsque les gouvernements de nombreux pays ont adopté des mesures d’austérité et amputé leurs budgets d’aide.

Le rebond des budgets de l’aide observé en 2013 est tel que, même sans tenir compte des cinq pays ayant rejoint le CAD en 2013 (à savoir l’Islande, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Slovénie), les apports d’APD consentis par les membres du CAD en 2013 se situent à un niveau historiquement élevé. En 2013, les montants consacrés à l'aide représentent quasiment 100 milliards d'euros.