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30/09/2016

La France veut développer la formation professionnelle en Afrique

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La France veut développer la formation professionnelle en Afrique

Lors du Forum Africa-France qui s’est tenu le 6 février à Paris, la France a annoncé la création d’une fondation pour la formation professionnelle en Afrique, un des principaux enjeux pour le développement économique du continent. 

Former la jeunesse africaine aux métiers de demain est un des principaux défis du continent, qui souffre d’un  fort taux de chômage des jeunes et d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Goulot d’étranglement

« S’il y a un goulot d’étranglement, c’est la formation professionnelle » a martelé Lionel Zinsou, président de la fondation France-Afrique pour une croissance partagée. « Dans tous les échanges que nous avons eu avec les entreprises, cela ressort comme le premier sujet de préoccupation » a-t-il insisté.

Un constat partagé par les chefs d’État et de gouvernement africains qui ont fait le déplacement à Paris le  6 février à l’invitation de François Hollande à l’occasion du Forum Africa-France .  « La valorisation des jeunes talents reste une priorité en Afrique », a affirmé Macky Sall, président du Sénégal.

Cette fondation, dont le principe avait été acté lors d’un précédent sommet en décembre 2013, réunit des acteurs de la société civile, du secteur privé et des  collectivités locales autour de trois programmes centrés sur la formation professionnelle des futurs chefs d’entreprise africains

>>Lire : La France veut doubler ses échanges commerciaux avec l’Afrique

 « L’idée de la fondation franco-africaine pour la croissance est de rassembler au sein de la même structure l’ensemble des acteurs : les entreprises et les collectivités locales de France et d’Afrique » a souligné Lionel Zinsou, président de la fondation.

Financée par la France à hauteur de 3 millions d’euros, la fondation va notamment travailler sur trois programmes de formation destinés aux chefs d’entreprises. Un premier programme prévoit  de labelliser et mettre à niveau des centres de formation africains répondant aux besoins des entreprises,   « car il manque autant de soudeurs que de géophysiciens » souligne Lionel  Zinsou.  

Formation au « leadership »

Deuxième volet,  le lancement d’un programme de formation au « leadership » pour les cadres dirigeants dans les centres de formation en Afrique. Des programmes qui bénéficieront de l’expertise d’une grande école française, Science po.

Enfin, le dernier volet comprend un programme de formation « jeunes dirigeants », qui accueillera 20 étudiants africains et 10 étudiants français.  

Autre mission de la formation, l’animation de clubs de discussions thématiques pour les entreprises africaines et françaises. Dix «clusters » ont été lancés dans des secteurs stratégiques comme le numérique, l’agroalimentaire, le sport, ou encore le soutien aux PME.

Défi démographique

L’accent mis par le Forum Africa-France sur la formation professionnelle des jeunes fait écho au défi démographie  du continent. « Ce défi est considérable, car il va falloir former 300 millions d’enfants africains en vingt ans, ce qui ne s’est jamais fait, même en Chine » a souligné Lionel Zinsou.

Autre problème, le décalage entre l’offre et la demande de qualifications dans certains pays africains aux revenus intermédiaires, plus touchés par le phénomène que les pays à faibles revenus.

En Égypte,  environ 1,5 million de jeunes étaient sans emploi en 2011 selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT) alors que les entreprises du pays affichaient un solde de 600 000 postes vacants.

Même cas de figure en Afrique du Sud, où le nombre de jeunes n’étant ni en situation d’emploi ni en formation s’élevait à 3 millions et le nombre de diplômés du supérieur en recherche d’emploi à 600 000, alors que  800 000 postes ne trouvaient pas chaussure à leur pied. 

Contexte

En 2012, l’Afrique comptait 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans, révèle une étude  des perspectives économique en Afrique, qui réunit l’expertise de plusieurs institutions africaines et internationales (OCDE, Banque africaine de développement, etc)  Selon les projections, le nombre de jeunes en Afrique aura doublé d’ici 2045, mettant le continent face à un défi de formation sans précédent.