L’aide au développement de la France repart à la hausse

En baisse depuis 4 années consécutives, le budget français consacré à la solidarité internationale va augmenter de 5% en 2017, a annoncé le gouvernement. Une hausse qui risque d’être insuffisante pour honorer les engagements de Paris.

L’aide au développement française, mise à la diète depuis plusieurs exercices budgétaires, va cette année repartir à la hausse.

Lors de la présentation du projet de budget 2017, le gouvernement a annoncé que les crédits budgétaires de l’aide publique au développement (APD) seraient augmentés de 130 millions pour atteindre 2,62 milliards d’euros en 2017.

Une hausse timide, mais qui marque un tournant dans les choix budgétaires de François Hollande en matière de développement, marqués par une baisse ininterrompue de l’aide depuis 2012 dans un contexte de rigueur budgétaire.

>>Retrouvez l’interview d’Oxfam : « Le budget 2016 contredit l’ambition française sur le développement»

« Malgré ce timide changement de tendance, le quinquennat de François Hollande restera marqué par une amputation de 20% des crédits budgétaires, soit près de 700 millions d’euros en moins pour lutter contre le changement climatique, contribuer à l’éradication de la pauvreté et de la faim, et favoriser l’accès à la santé et à l’éducation pour tous. », a dénoncé dans un communiqué Sandra Lhote-Fernandes, porte-parole d’Oxfam France.

« Cette coupe [depuis 2012] dans un budget vital pour les populations des pays les plus pauvres et les plus vulnérables du monde est équivalente à deux années d’aide de la France vers le Mali, le Niger et le Tchad, des pays pourtant prioritaires de l’aide de la France », a estimé Friederike Röder, directrice France de l’organisation ONE, dans un communiqué.

Une hausse attendue

La hausse du budget était attendue de pied ferme et avait été promise par le président en amont de la présentation du budget 2017. Dès le 30 août, le président Hollande avait affirmé devant les ambassadeurs français rassemblés à Paris que la France «  devait être exemplaire sur le front de l’aide au développement ».

Après avoir présidé la conférence de Paris sur le climat (COP 21) et dans la foulée de l’adoption des nouveaux objectifs de développement durable (ODD) en 2015, la France avait promis un certain nombre de moyens de financement. Le président avait notamment annoncé le déblocage de 4 milliards d’euros supplémentaires d’ici à 2020.

Selon le Projet de loi de finances, les 4 milliards devraient finalement provenir de l’augmentation de la capacité d’intervention de l’Agence française de développement, (AFD), tandis que 400 millions d’euros de dons seraient prévus à l’horizon 2020.

Pour l’heure, le projet de loi de finances ne précise pas les sources de financement de la hausse de 130 millions prévue pour 2017, mais la mise à contribution des recettes issues de la taxe sur les transactions financière, dont une partie finance déjà la solidarité internationale, est envisagée.

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Avec ce nouveau budget, la France demeure encore très éloignée de ses objectifs internationaux en matière de solidarité internationale. En effet, les principaux pays donateurs, dont la France c’étaient engagés à consacré 0,7% de leur revenu national brut au développement d’ici à … 2015.

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« En 2015, la France ne consacre que 0,37% de sa richesse nationale à l’APD, contre les 0,7% promis devant la communauté internationale à maintes reprises » a rappelé l’organisation Coordination Sud.

Pour autant, seul une poigné de pays ont dans les faits atteint cet objectif de dépenses, parmi lesquels le Royaume-Uni ou la Suède.