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25/07/2016

Le fonds vert pour le climat reste un casse-tête pour les petits pays

Aide au développement

Le fonds vert pour le climat reste un casse-tête pour les petits pays

Fonds vert

Opérationnel depuis 3 mois, le Fonds vert pour le climat n’est pas accessible aux pays qui en ont le plus besoin.

L’accès au Fonds vert pour le climat, qui permet de lancer des projets en faveur du climat dans les pays en développement est un casse-tête pour les pays les moins avancés et les petits États insulaires.

>>Lire : Les îles du Pacifique confrontées à une urgence absolue

Depuis trois mois, le Fonds distribue ses premiers financements. Mais certains pays font face à des problèmes d’accessibilité, faute d’experts ou de structure de gouvernance suffisamment armée face à la procédure.

>>Lire : Les partenaires pas très verts du Fonds vert pour le climat

Un certain nombre d’institutions financières et de développement ont d’ores et déjà obtenu l’accréditation du Fonds, comme la Deutsch Bank ou l’Agence française de développement.

Soutien aux pays vulnérables

Pour donner les moyens d’accéder à ses financements, ce dernier a mis en place un processus d’appui aux  pays les plus vulnérables. Le 6  mars, les iles Cook ont été le premier petit État insulaire à recevoir un soutien de la part du Fond vert… pour accéder au Fonds vert.

« Cette dernière dépense est la preuve que le Fonds vert oriente ses subventions pour aider les pays de toutes les tailles et de toutes les régions à avoir accès au Fonds, » s’est félicité sa directrice exécutive, Héla Cheikhrouhou.

>>Infographie : les ambitions du Fonds vert

Les îles Cook vont recevoir un total de 150 000 dollars pour avancer dans le processus d’accréditation, et trois autres pays africains, parmi les moins développés du monde, devraient aussi avoir accès à cette facilité.

« Les îles Cook sont très heureuses  d’être le premier pays du Pacifique à recevoir le l’assistance du FVC » a souligné Elizabeth Wright-Koteka, la directrice de cabinet du premier ministre. « Il s’agit d’un fonds pour lequel nous avons  milité, en tant que nation  extrêmement vulnérable aux impacts du changement climatique » a-t-elle poursuivi.

Espoir des pays du Sud

Avec des promesses de dons s’élevant à 10,2 milliards de dollars, notamment de la part du Japon, des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de la France, le Fonds vert pour le climat a suscité beaucoup d’espoir du côté des pays du Sud.

Lesquels espéraient que ce nouvel instrument annoncé à Copenhague en 2009 permettrait un accès facilité aux financements et mobiliserait de nouvelles ressources. Pour l’heure, l’attribution des crédits de cette première capitalisation lancée en octobre 2014 patine quelque peu, faute de moyens suffisants.

Pour sa première année de fonctionnement opérationnel, le FVC ambitionne de distribuer une enveloppe de 2,5 milliards de dollars cette année. Un objectif encore lointain puisque le Fonds n’a pour l’instant donné son aval que pour 168 millions de dollars de projet.

>>Lire : Le Fonds vert rêve de démarrer avant la COP21

« Est-ce que le Fonds vert va avoir les reins assez solides pour réaliser ses objectifs ? » s’interroge Pierre Cannet du WWF. Pour l’heure, le manque de personnel et les difficultés de démarrage du jeune Fonds laissent entrevoir une première année difficile. « Il y a déjà 20 entités qui ont été accréditées et lors de la réunion des 8 au  10 mars le conseil du Fonds vert devrait donner son aval à 13 nouveaux agents »

Départ d’Héla Cheikhrouhou

Autre épine dans le pied du Fonds, le départ prévu de sa directrice exécutive, Héla Cheikhrouhou, qui a annoncé son départ le 19 février, après trois ans passés à la tête de l’institution. Sa succession doit être discutée lors des réunions de 8 au 10 mars.

Contexte

Les négociations sur le changement climatique ont démarré en 1992, et sont marquées par une conférence internationale annuelle appelée Conférence des Parties, ou COP.

Paris organise la 21ème conférence, au Bourget, début décembre 2015, une conférence qui revêt une importance particulière. Comme à Copenhague en 2009, les États doivent trouver un accord pour donner suite au protocole de Kyoto, dont l'objet était de réduire les émissions de CO2 entre 2008 et 2012. L'enjeu est donc de trouver un cadre juridique contraignant ou non.

Les pays développés se sont engagés à apporter 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020 à la lutte contre le changement climatique, dont une partie doit transiter par le Fonds vert pour le climat. Cette somme promise par la communauté internationale doit soutenir les pays en développement dans la limitation de leurs émissions de gaz à effet de serre et leur adaptation aux effets du changement climatique, et apparait comme une des conditions d'un accord.