Les pays vulnérables alertent sur les financements climatiques

L'Ethiopie s'inquiète de la désertification [@mariusz kluzniak/Flickr]

Les pays les plus exposés au changement climatique attendent toujours les financements promis à Paris en 2015.

Dix-huit mois après l’adoption de l’accord de Paris pour le climat, les pays les plus vulnérables au changement climatique sont inquiets.

L'accord de Paris, et après?

La semaine dernière, l’accord de Paris, censé marquer une nouvelle ère de lutte contre le réchauffement, est officiellement entré en vigueur. Le 7 novembre, à l’ouverture de la COP 22 à Marrakech, edie.net se penche sur l’avenir de la lutte climatique.

Petites îles du pacifique menacées par la monté des océans (Fidji, Marshall, Maldives, etc), pays africains inquiets de la désertification (Éthiopie, Rwanda…) ou pays en développement touchés par des phénomènes climatiques exceptionnels (Népal, Philippines, etc.) : rassemblés au sein du  Climate Vulnerable Forum (CVF) ont tiré la sonnette d’alarme lors négociations climatiques de Bonn.

Les négociateurs climat du monde entier étaient réunis en Allemagne jusqu’au 18 mai pour avancer sur les modalités d’application de l’accord de Paris. Si la communauté internationale s’est engagée en 2015 à limiter le réchauffement climatique à 1,5° par rapport à l’ère préindustrielle, la planète est aujourd’hui sur une trajectoire bien plus élevée.

Ambition

« Conserver l’objectif  de 1,5° est tout simplement une question de survie. Pour nous tous, l’Accord de Paris est notre bouée de sauvetage » a déclaré Debasu Bayleyegn Eyasu, le directeur général du ministère de l’Environnement de l’Éthiopie, et l’actuel président du Forum.

Les 48 membres de ce forum totalisent plus d’un milliard d’habitants particulièrement exposés aux effets du changement climatique. Dans sa déclaration finale,  le CVF a prévenu que la mise en œuvre de l’accord, qui dépend largement du renforcement des engagements des pays membres des Nations-Unies, n’était pas assurée.

« L’année 2018 devra être celle du relèvement de l’ambition pour le climat, faute de quoi les objectifs de l’accord de Paris ne pourront être atteints »,a souligné le Forum dans une déclaration commune à l’issue des négociations de Bonn.

Les petits États insulaires mettent la pression sur les grands émetteurs avant la COP21

En présentant une contribution ambitieuse à la COP 21, les îles Marshall et les petits États insulaires espèrent donner un coup de fouet aux négociations et pousser les autres pays à s’orienter vers un objectif de réchauffement de 1,5°C. 

Cette intersession était en grande partie consacrée à la cette question de l’ambition des pays participants à l’accord de Paris. « Il y a un écart entre la trajectoire actuelle du réchauffement climatique et l’objectif défini par l’Accrod de Paris » explique Lucile Dufour, du Réseau Action Climat.

Pour remettre sur les rails la lutte contre le changement climatique, les pays vont devoir présenter des nouvelles contributions nationales pour réduire l’écart entre la théorie et la pratique. Un exercice qui doit commencer en 2018 et aboutir en 2020.

100% renouvelables

Du côté des pays vulnérables, les engagements climatiques sont déjà bien avancés. « Nous travaillons avec nos ministres de finances pour trouver des façons innovantes d’accélérer notre transition vers 100%  d’énergie renouvelable, de réduire les risques et à stimuler nos efforts de réduction de la pauvreté » a également souligné la déclaration.

Le Costa Rica produit 100 % d’énergie renouvelable pendant presque toute l’année. Mais nous ne nous arrêtons pas là : nous nous attaquons désormais au secteur des transports et espérons même exporter de l’énergie renouvelable plus largement dans la région », a déclaré William Calvo, négociateur pour le Costa Rica dans les négociations climatiques.

Les représentants du Forum avaient en effet adopté lors de la COP22 une déclaration dans laquelle ils s’engageaient atteindre rapidement 100% d’énergies renouvelables. «  Ces pays ont montré et montrent toujours qu’ils sont prêts à être des leaders sur la question climatique » affirme Lucile Dufour du Réseau Action Climat.

La COP23 qui doit se dérouler à Bonn entre le 6 et le 17 novembre 2017 sera d’ailleurs placée sur la  présidence des Fidji. Une première pour un État insulaire.

Question des financements

Pour parvenir à leurs objectifs, les pays du Forum ont également rappelé aux pays développés leurs responsabilités en matière de financement. Le CVF a notamment réclamé  l’allocation « rapide » des capitaux du Fonds vert pour le climat et à rappeler les promesses de financement des pays développés pour soutenir le Sud.

COP 22 : la question des financements climat repoussée à 2018

La COP 22 s’est achevée le 18 novembre à Marrakech sans que la question des financements climatiques n’ait été tranchée, au grand dam des pays en voie de développement.

Pour aider les économies fragiles à investir dans la lutte et l’adaptation au  réchauffement climatique montée, les pays développés se sont engagés à fournir 100 milliards de dollars par an.

De son côté l’Union européenne a annoncé le 18 mai qu’elle octroierait 800 millions d’euros d’ici 2020 au 79 pays d’Afrique, du Pacifique et des Caraïbes dans le cadre de leur accord de coopération . La moitié de cette aide sera affectée à l’action climatique, a affirmé le commissaire au climat, Miguel Arias Canete.