Maghreb et Machrek appelés à mieux gérer leurs ressources hydriques

Dans la région, le stress hydrique touche 61 % de la population [flickr.com/photos/asiandevelopme…]

La Banque mondiale appelle à garantir l’approvisionnement en eau au Moyen-Orient, notamment pour éviter de nouveaux conflits, dans un rapport publié le 29 août à l’occasion de la semaine mondiale de l’eau, qui se tient du 27 août au 1er septembre à Stockholm. Un article de notre partenaire, le JDLE.

Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MENA) partent avec un handicap. Cette région connaît en effet le taux de stress hydrique le plus important du monde. Plus de deux habitants sur trois du Maghreb et du Machrek ont un accès difficile à l’eau potable contre 36 % en moyenne au niveau international.

« Si l’on compare les ressources hydriques à un compte en banque, force est de constater que la région a accumulé un important découvert », résume Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Exactement comme pour l’ensemble des ressources au niveau planétaire, ces pays vivent au-dessus de leurs moyens. « Un tel comportement déprécie le capital naturel des pays tout en compromettant leur patrimoine et leur résilience à long terme », poursuit-il.

Démographie et changement climatique

Cette situation ne peut qu’empirer, avec un taux de croissance démographique d’environ 2 % par an et un doublement de la population des villes d’ici 2050. Le changement climatique accentue aussi la pression avec des événements météorologiques extrêmes plus fréquents, comme des épisodes de sécheresse et des inondations.

Au total, les risques liés à l’eau peuvent aggraver les instabilités et être source de conflits, mettent en garde les auteurs de cette étude. Pour l’heure, la région compte 3 millions de réfugiés et 4,8 millions de personnes déplacées dans leur propre pays.

Recyclage efficace

Pourtant, des solutions existent. Le recyclage et la désalinisation de l’eau sont cités comme les pistes les plus efficaces. Plus de la moitié des eaux usées produites dans la région MENA sont ainsi rejetées dans la nature sans avoir été traitées. Ce qui pose des risques sanitaires et engendre un important gaspillage. Leur recyclage pour irriguer les terres et recharger les nappes phréatiques a pourtant démontré son efficacité en Jordanie et en Tunisie, selon le rapport.

Gouffre économique

Les défaillances de l’approvisionnement en eau et des services d’assainissement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord coûtent déjà cher. Les pertes économiques qu’elles engendrent sont évaluées par la Banque mondiale à 21 milliards de dollars par an (17,6 Md€), si l’on prend en compte les soins de santé, la perte de productivité liée aux absences pour maladie et la mortalité prématurée. Soit environ 1 % du PIB de la zone. Changement climatique oblige, la facture devrait bondir en 2050, pour osciller entre 6 et 14 % du PIB régional en 2050, selon les estimations.