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29/09/2016

Moscovici favorable à une taxe sur l’essence pour financer la crise des réfugiés

Aide au développement

Moscovici favorable à une taxe sur l’essence pour financer la crise des réfugiés

La taxe européenne sur l’essence, proposée par le ministre des Finances allemand pour financer la crise des réfugiés, est « une des solutions » selon Pierre Moscovici.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble a évoqué l’hypothèse d’une taxe européenne sur l’essence pour faire face financièrement à la crise des réfugiés.

« Si les budgets nationaux ou le budget européen ne suffisent pas, mettons-nous alors d’accord pour instaurer par exemple une taxe d’un certain niveau sur chaque litre d’essence », a déclaré le ministre dans une interview au quotidien Süddeutsche Zeitung.

« Ainsi nous aurions les moyens pour une réponse européenne à la question des réfugiés », a-t-il estimé, jugeant que « la solution du problème ne devait pas échouer en raison d’une limitation des moyens » mis en œuvre.

>>Lire : Quand l’aide au développement sert à accueillir les réfugiés

Le ministre allemand avait présenté cette idée à ses homologues européens à l’occasion du conseil « Affaires économiques et financières » du 15 janvier.  « L’accueil de la proposition de Wolfgang Schäuble en conseil Ecofin a été plutôt chaleureux » a précisé le commissaire Pierre Moscovici.

Un accueil qui reflète les inquiétudes des États membres sur la question des financements nécessaires face à la crise migratoire.

Ampleur de la crise

« La crise des réfugiés est d’une telle ampleur qu’elle va nécessiter des financements beaucoup plus importants que ce qui est pour l’instant prévu » a indiqué le commissaire Pierre Moscovici.

La crise des réfugiés a déjà poussé l’UE à dégager des fonds supplémentaires sur plusieurs fronts. Une aide de 3 milliards d’euros à la Turquie pour faire face à l’arrivés des réfugiés syriens, un fonds fiduciaire à destination de l’Afrique, censé lutter contre les causes profondes de cette crise migratoire, l’augmentation du budget de Frontex ainsi qu’un renforcement significatif de l’aide humanitaire de l’UE.

Mais les coûts d’accueil et d’intégration des réfugiés arrivant en Europe, et notamment en Allemagne, vont devoir être financés d’une manière ou d’une autre.

>>Lire : La crise migratoire désarçonne l’aide internationale

« Ce sont des dépenses indispensables pour que les réfugiés deviennent une force de leur pays d’accueil » souligne Pierre Moscovici.

Solutions diverses

La facture prévisionnelle pourrait être lourde pour certains pays tels que l’Allemagne, qui devrait accueillir à elle seule environ un million de réfugiés. « Les finances publiques des pays européens vont être exposées » par les besoins croissance de financements, a souligné le commissaire.

Selon le commissaire français, la solution proposée par le ministre allemand « est une des solutions, mais il y en a d’autres », citant par exemple la mise en place d’eurobond pour les réfugiés, ou alors d’un fonds européen dédié à l’accueil et l’intégration.

La mise en place d’une taxe de solidarité sur les grands secteurs profitant d’une activité mondiale, comme le carburant, l’aviation, les transactions financières, ou les compétitions sportives sont régulièrement présentés comme une des solutions les plus viables pour financer des chantiers tels que la lutte contre le changement climatique, l’aide au développement ou les crises humanitaires.

Contexte

Des dizaine de milliers de réfugiés en provenance du Moyen-orient et d'Afrique empruntent la routes des Balkans pour rejoindre l'Europe, tandis que d'autre traversent la Méditerranée pour rejoindre les côtes italiennes.

Face à la plus importante crise migratoire depuis la seconde guerre mondiale, l'Union européenne peine à présenter un front uni.

En mai 2015, une proposition de la Commission européenne, qui souhaitait appliquer le principe de solidarité, pour que les demandeurs d'asile des pays les plus touchés par l'arrivée de migrants soient redirigés vers d'autres États membres, a été rejetée par les États membres.