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19/01/2017

Paris pousse les villes du monde à contribuer au Fonds vert

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Paris pousse les villes du monde à contribuer au Fonds vert

Anne Hidalgo et Mickael Bloomberg

La ville hôte de la COP 21 a annoncé une contribution d’un million d’euros au Fonds vert pour le climat. Et compte mobiliser les municipalités du monde entier pour y participer. 

La ville hôte de la conférence des Nations Unies sur le changement climatique a mis au pot au Fonds vert pour le climat. Un geste emblématique grâce auquel la capitale espère mobiliser les métropoles du monde.

Contribution d’un million

La contribution parisienne annoncée le 2 décembre – un million d’euros – reste modeste au regard des enjeux du changement climatiques, mais espère créer un effet « boule de neige » auprès des collectivités locales.

« Lutter contre le dérèglement climatique, c’est mettre en place des politiques ambitieuses au cœur de nos territoires, mais aussi donner les moyens financiers aux territoires les plus vulnérables de protéger leurs populations », a souligné la Maire de Paris, Anne Hidalgo.

>>Lire : Le Fonds vert rêve de démarrer avant la COP21

La capitale française versera 250 000 euros par an jusqu’en 2020. Mais va surtout inciter les représentants des villes du monde entier à faire du même. Un lobbying qu’Anne Hidalgo mettra en œuvre dès le 4 décembre à l’occasion du sommet des Elus locaux pour le Climat qui rassemblera les représentants de plus de 600 villes.

Epaulée par Mickael Bloomberg, l’ancien Maire de New-York et envoyé spécial des Nations Unies pour les villes et le climat, Anne Hidalgo fera un plaidoyer en faveur de la participation des villes aux financements dédiés à la lutte contre le réchauffement climatique.

Mobilisation des villes

La ville de Paris n’est cependant pas la première à avoir participé au Fonds vert pour le climat. Bruxelles a en effet signé une contribution de 800 000 euros dès l’année 2014.

Une mobilisation éventuelle des villes en faveur du Fonds vert pourrait permettre aux négociations climatiques d’alléger les tensions actuelles sur la question des financements.

Les pays en développement attendent de véritables avancées sur cet aspect central. Et estiment être encore loin du compte. Lors du Sommet de Copenhague en 2009, les pays développés s’étaient engagés à rassembler la somme de 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 afin d’accompagner les pays les plus vulnérables dans leur adaptation au changement climatique.

>>Infographie : les ambitions du Fonds vert

Une partie de ces 100 milliards doit transiter par le Fonds vert, dont les caisses se remplissent très lentement aux gouts des pays du Sud.

« Sur la question des financements, nous devons nous assurer que les engagements pris soient respectés » a prévenu la représentante du groupe G77+ Chine, qui rassemble les pays en développement. « Beaucoup dépend de ce que nous allons obtenir sur cette question des financements, car de nombreux pays en développement ont élaboré leur contribution en comptant sur cet appui » a-t-elle poursuivi.

Fardeau climatique

La capitalisation de ce Fonds, un des principaux outils financiers destinés à soutenir les pays en développement face au changement climatique, est pour l’instant largement assurée par les gouvernements des pays développés.

>>Lire: Le flou sur les financements handicape les négociations climatiques

Début novembre, le Fonds avait recensé 10,2 milliards de dollars de contributions annoncées provenant notamment du Japon, des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de la France, dont les promesses de dons s’élèvent à 6,7 milliards.

Plusieurs pays en développement ont également décidé d’abonder de Fonds. Le Mexique a participé à hauteur de 10 millions de dollars, tandis que le Pérou, qui a occupé la présidence de la COP avant la France, a fait un chèque de 6 millions. D’autres pays tels que le Panama, le Chili ou encore l’Indonésie ont également fait des contributions plus modestes.

Contexte

Les négociations sur le changement climatique ont démarré en 1992, et sont marquées par une conférence internationale annuelle appelée Conférence des Parties, ou COP.

Paris organise la 21ème conférence, au Bourget, début décembre 2015, une conférence qui revêt une importance particulière. Comme à Copenhague en 2009, les Etats doivent trouver un accord pour donner suite au protocole de Kyoto, dont l'objet était de réduire les émissions de CO2 entre 2008 et 2012. L'enjeu est donc de trouver un cadre juridique contraignant ou non.

Les pays développés se sont engagés à apporter 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020 à la lutte contre le changement climatique, dont une partie doit transiter par le Fonds vert pour le climat. Cette somme promise par la communauté internationale doit soutenir les pays en développement dans la limitation de leurs émissions de gaz à effet de serre et leur adaptation aux effets du changement climatique, et apparait comme une des conditions d'un accord.

Cet engagement ne couvre par l'intégralité des besoins pour financer la réduction des gaz à effet de serre au niveau mondial, qui sont estimés entre 500 milliards et 1500 milliards d’euros par an.