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19/01/2017

Petit pas en avant pour la protection de la forêt congolaise

Aide au développement

Petit pas en avant pour la protection de la forêt congolaise

Forêt tropical entourant le bassin congolais

[Greenpeace]

Six pays africains ont mis en place, avec des donateurs, un projet pour protéger la forêt tropicale du bassin congolais. Il s’agit de la deuxième plus grande au monde, après la forêt amazonienne.

La Norvège, premier donateur à annoncer sa contribution, a déclaré qu’elle donnerait 400 millions de couronnes (42 millions d’euros) par an, de 2016 à 2020, pour protéger l’immense forêt congolaise, qui est aussi le second poumon de la planète, après celle du Brésil. Cette somme provient de fonds que le pays avait déjà dédié aux forêts tropicales.

« Faire face à des problèmes tels que l’agriculture non durable, la consommation d’énergie provenant du bois, l’exploitation des forêts et le développement d’infrastructure seront les principaux objectifs », indique le programme de l’ONU pour le développement.

Le projet a pour but de freiner l’abattage et la combustion des forêts qui sont vitales pour des millions de personnes et abritent des espèces menacées, comme les gorilles ou les bonobos. Il s’intègre aux préparations du sommet de l’ONU sur le changement climatique qui aura lieu à Paris en décembre.

« Nous ne parviendrons à rien [à Paris] sans des actions à grande échelle pour protéger les forêts dans le monde », a déclaré la ministre française du Développement, Annick Girardin. Les arbres absorbent le dioxyde de carbone pour leur croissance et le rejettent quand ils brûlent ou pourrissent.

>> Lire : L’UE fait l’impasse sur la forêt dans sa politique climatique

Le projet, appelé Initiative forêts en Afrique centrale et adopté durant les discussions onusiennes à New York, couvre la République centrafricaine, la République démocratique du Congo (RDC), le Cameroun, la République du Congo, la Guinée équatoriale et le Gabon.

Les donateurs sont l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, la Norvège et l’Union européenne. Le Brésil, pays situé au cœur du bassin amazonien, est conseiller du projet, qui implique aussi des agences des Nations unies et la Banque mondiale. Jusqu’à présent, la région du Congo n’a jamais attiré beaucoup de fonds alloués à la sauvegarde des forêts.

« La RDC a deux grands objectifs : la réduction des émissions et des bénéfices accessoires en termes de développement durable et de réduction de la pauvreté », a déclaré le ministre des Finances congolais, Henri Yav Mulang.

Les forêts de la région s’étendent sur environ 2 millions de kilomètres carrés – soit la taille du Mexique – mais rétrécissent chaque année de 5 600 km carrés.

Ces dernières années, les conflits ont cependant limité l’accès aux forêts. Des conditions plus stables pourraient toutefois accélérer le processus de déforestation destiné à l’agriculture.

« La plus grande menace à laquelle fait face l’Afrique centrale est l’huile de palme », a affirmé Per Pharo, responsable de l’Initiative internationale pour les forêts et le climat en Norvège.