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06/12/2016

Pour les réfugiés, «la Hongrie n’a rien donné, pas même une couverture»

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Pour les réfugiés, «la Hongrie n’a rien donné, pas même une couverture»

Arrivée de réfugiés sur une île grecque.

[Freedom House / Flickr]

Athènes dénonce la Hongrie, qui n’aide en rien l’accueil de réfugiés. Mais participe à la construction d’une barrière à la frontière gréco-macédonienne.

Lors d’une interview avec le journal hongrois Népszabadsàg, Nikos Xydákis, ministre adjoint des Affaires étrangères grec, se demande pourquoi Budapest insiste pour imposer sa vision de la gestion de la crise des réfugiés, alors que « nous n’avons jamais critiqué la politique du Premier ministre hongrois, Victor Orbán ».

Le 15 janvier, les dirigeants du groupe de Visegrád se sont réunis à Prague pour un mini-sommet de préparation au sommet européen des 18 et 19 février.

>> Lire : Les 50 conditions pour qu’Athènes reste dans Schengen

Les chefs d’État et de gouvernement de la Hongrie, de la République tchèque, de la Pologne et de la Slovaquie cherchent un « plan B » en cas d’écroulement du système Schengen et en particulier une exclusion de la Grèce de l’espace de libre circulation. Ils veulent surtout s’assurer de l’imperméabilité des frontières gréco-bulgare et gréco-macédonienne, afin de mettre un terme à l’arrivée des migrants.

Au début de février, le gouvernement grec a assuré que les pays de Visegrád faisaient pression sur la Grèce pour qu’elle cesse de secourir les réfugiés en mer, ce qui constituerait une violation du droit international.

Athènes souligne également que les dirigeants des pays de Visegrád ont appelé l’UE à fermer les frontières grecques.

>> Lire : La Grèce accuse la Commission de vouloir l’isoler

Contribution zéro

« Bizarrement, nous n’avons rien reçu de Budapest, qui attaque si violemment la Grèce. Jusqu’à fin janvier, pas une couverture, pas une tente n’est arrivée via le mécanisme de protection civile européen », explique Nikos Xydákis.

Athènes a également fait appel au mécanisme de protection civile, établi en 2001 afin d’encourager la coopération entre les autorités de protection civile en Europe. D’autres États membres ont fourni des équipements pour aider la Grèce à accueillir les réfugiés.

« La Lituanie, qui est aussi loin que possible de la zone méditerranéenne, a envoyé deux bateaux de patrouille », note-t-il.

Le 27 janvier, le ministère des Affaires étrangères a publié des données qui mettent en évidence la médiocrité de la réaction du mécanisme de protection civile aux demandes de la Grèce. Athènes aurait par exemple demandé 26 ambulances et n’en a encore reçu aucune.

>> Lire : La Grèce en première ligne face à un nombre record de migrants

Une décision politique

Si la Hongrie s’est contentée d’envoyer cinq policiers à la mission de Frontex en mer Égée, elle a fourni 100 km de barbelés et une unité de 31 militaires et policier en Macédoine, afin d’ériger une « double barrière » à la frontière grecque, dénonce Nikos Xydákis.

« C’est une décision politique que nous considérons comme un acte hostile. Nous traitons [la Hongrie] en pays ami, notre allié de l’OTAN et de l’UE », continue-t-il.

Il estime les tentatives de la Macédoine et de la Bulgarie, qui tentent de sécuriser leurs frontières, « peu amicales, mais acceptables ».

« Il est par contre inacceptable que d’autres États membres envoient des policiers et des soldats aux frontières gréco-macédonienne et gréco-bulgare. Qui est l’ennemi ? Les Grecs ? », s’insurge-t-il.