Russie et Mozambique échangent dette contre développement

Au Mozambique, on a de moins en moins faim.

Le Programme alimentaire mondial vient d’annoncer le plus important échange de dette contre de l’aide au développement jamais conclu, entre le Mozambique et la Russie.

Une initiative d’échange de dette innovante entre le Mozambique et la Russie fournira 35 millions d’euros au Programme alimentaire mondial (PAM) pour soutenir le gouvernement du Mozambique à offrir des repas à 150 000 enfants scolarisés dans le pays dans les cinq ans à venir.

Cette initiative soulage Maputo de sa dette, et permettra de débloquer de nouvelles ressources pour le développement et le soutien du Programa Nacional de Alimentação Escolar (Programme national d’alimentation scolaire), qui fournit des repas dans toutes les écoles primaires du pays.

Le PAM est la plus grande agence humanitaire luttant contre la faim dans le monde. L’organisation fournit une assistance alimentaire dans des situations d’urgence et coopère avec les communautés locales pour améliorer la nutrition et construire la résilience. Chaque année, le PAM aide ainsi 80 millions de personnes dans environ 80 pays.

« La décision novatrice de la Russie de convertir la dette en financement au développement permettra de nourrir une génération d’écoliers au Mozambique », s’est réjoui David Beasley, directeur du programme.

« Nous sommes reconnaissants envers la Russie et le Mozambique de leur volonté d’adopter de nouvelles méthodes financières qui promeuvent la propriété publique et renforcent des programmes importants. Nous encourageons d’autres donateurs gouvernementaux à se pencher sur ces nouvelles méthodes qui peuvent contribuer aux Objectifs de développement durable (ODD) », a-t-il ajouté.

Maputo a atteint son Objectif du millénaire pour le développement (OMD), en 2015, de réduire de moitié le nombre de personnes touchées par la faim dans le pays. Pourtant, près d’un quart de sa population est toujours confronté à une insécurité alimentaire chronique ou à la malnutrition. Dans le cadre du Plan stratégique pour le Mozambique (2017-2021), le PAM et ses partenaires œuvreront pour assurer que les enfants vivants dans des zones touchées de manière chronique par l’insécurité alimentaire aient accès à des aliments de qualité toute l’année.

La Russie n’est pas exactement un donateur important d’aide au développement. Au sein du groupe du G8 (qui se réunit sous le format G7, sans Moscou, depuis l’annexion de la Crimée), le pays fournit beaucoup moins d’aide au développement que les autres grands États.

Les dirigeants du G8 se réuniront en juin prochain à Lough Erne, en Irlande du Nord, durant la présidence britannique du groupe.

Les relations entre Moscou et Maputo sont cependant très développées, et ce depuis les années 1960, quand la Russie s’est mise à soutenir le parti FRELIMO, d’orientation marxiste, dans son opposition au colonialisme portugais. La plupart des dirigeants du FRELIMO ont été formés à Moscou. Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été officiellement établies le 25 juin 1975, peu après l’indépendance du Mozambique, faisant prospérer les liens économiques et la coopération de défense entre les deux pays.

La situation a commencé à changer en 1984, quand Maputo a rejoint les rangs de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. L’aide de la Suède, de la Norvège, du Danemark et de l’Islande a rapidement remplacé le soutien soviétique. Aujourd’hui, la Finlande et les Pays-Bas deviennent des sources de plus en plus importantes d’aide au développement, tout comme l’Italie, qui a joué un rôle important dans le processus de paix.

Les relations avec le Portugal, ancien pouvoir colonial, continuent également à avoir une grande importance et les investisseurs portugais sont très visibles dans l’économie du Mozambique.

Le pays dispose de vastes réserves de gaz. De pratiques efficaces de bonne gouvernance pourraient donc améliorer de manière drastique les conditions de vie des citoyens.

L'Afrique subsaharienne produira plus de gaz que la Russie en 2040

La production gazière de l’Afrique subsaharienne devancera celle de la Russie d’ici 2040 sur les marchés internationaux, selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie. Des projections qui renforcent l’UE dans sa stratégie de sevrage vis-à-vis du gaz russe.