Ségolène Royal juge qu’il faut répondre aux attentes des pays pauvres sur le climat

Ségolène Royal [Wikimedia.fr]

Les pays en développement « attendent de voir » ce qu’on leur proposera lors de la COP21 selon la ministre française de l’Environnement.

Ségolène Royal, ministre de l’Environnement et ancienne candidate à la présidence de la République, devrait jouer un rôle clé dans la conférence des Nations unies en décembre, alors que le gouvernement français travaille à la création d’un nouveau « protocole de Paris » qui déterminera l’action mondiale contre le changement climatique après 2020.

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« Les pays en développement ne sont pas hostiles [à un accord]; je dirais même qu’ils sont ouverts, mais ils attendent de voir. Nous devons répondre à leurs attentes », a-t-elle déclaré au Guardian.

Selon elle, la clé d’un accord réussi serait que les pays riches soumettent des plans aux pays les plus pauvres pour leur apporter une aide financière, les aider à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, pour les empêcher d’appuyer leur future croissance économique sur les combustibles fossiles et adapter leurs infrastructures aux éventuels dégâts causés par le changement climatique.

Ségolène Royal condamne fermement les entreprises de matières premières qui « s’emparent des ressources » sans prendre en compte les conséquences du gaz à effet de serre qu’elles émettent sur le changement climatique.

« Pendant des années, le secteur financier a joué le rôle de prédateur des ressources naturelles », a-t-elle estimé. « Les entreprises doivent comprendre ce qui est en jeu. Elles se sont accaparés les ressources naturelles sans les payer à leur juste valeur. Nous n’avons pas donné le prix réel ».

Les sociétés des secteurs de l’énergie, du transport et de la construction devront toutes changer de manière radicale leur méthode de travail, et ce, afin de réduire les émissions et d’ouvrir la voie à une économie faible en carbone, a-t-elle affirmé.

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Alors que le protocole de Kyoto est terminé, les gouvernements du monde entier se rencontreront à Paris en décembre dans l’espoir de signer un nouvel accord mondial sur le changement climatique. De nouveaux engagements devront être pris de la part des pays développés et en développement afin de fixer les objectifs post 2020 de limitation des émissions de gaz à effet de serre. Ce rendez-vous est considéré comme le sommet de la dernière chance pour négocier un accord puisque, selon les scientifiques, l’augmentation des émissions mènera bientôt la planète au-delà du seuil critique des 2 degrés Celsius, limite à laquelle le réchauffement climatique risque de devenir catastrophique et irréversible.

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Jusqu’à présent, plus de 30 pays, dont ceux de l’UE et les États-Unis, ont remis leurs plans de réduction des émissions aux Nations Unies. Les pays développés sont censés réduire leurs émissions de manière drastique d’ici à 2025 ou 2030. Les nouveaux objectifs doivent aller beaucoup plus loin que les précédents, qui avaient été fixés en 2009 lors de la conférence pour le climat de Copenhague. Dans ce prochain accord, les pays les plus pauvres sont seulement appelés à limiter l’augmentation de leurs émissions.

Toutefois, l’analyse des engagements pris jusqu’à présent montre qu’ils sont insuffisants pour atteindre les objectifs, qui selon la communauté scientifique, sont indispensables pour éviter un réchauffement de la planète dangereux.

Ségolène Royal encourage les pays à « être plus ambitieux et à s’engager davantage» en vue de la conférence de Paris. La ministre a rappelé l’urgente nécessité d’investir dans les énergies renouvelables, les véhicules électriques et l’efficacité énergétique, pour atteindre les objectifs climat. « L’idéal », a-t-elle expliqué, serait que le monde « abandonne les combustibles fossiles ». Or, « je ne pense pas que ce sera le cas », du moins à court terme, a-t-elle ajouté.

Ségolène Royal a également insisté sur le fait que le changement climatique n’était pas qu’une question d’économie, mais « une question de civilisation ». Pour la ministre, les gens devraient voir la réduction des émissions, et les moyens pour y arriver, tels que les énergies renouvelables, d’un œil positif. « Nous ne voulons pas que les questions environnementales soient associés à des punitions », a-t-elle déclaré.