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07/12/2016

La nouvelle ministre britannique au Développement déjà en mauvaise passe

Aide au développement

La nouvelle ministre britannique au Développement déjà en mauvaise passe

Priti Patel

Lors de sa première audition devant une commission parlementaire, la nouvelle ministre a été incapable de mettre un chiffre sur le montant d’aide « gaspillé ou volé », alors qu’elle a elle-même souligné l’importance du problème.

Le 14 septembre, Priti Patel, secrétaire d’État au Développement international, a expliqué aux parlementaires que pendant ses sept premières semaines à son poste, elle avait préparé la révision ou la suppression des financements nationaux d’un certain nombre de projets, jugés inefficaces.

Elle a notamment cité l’exemple d’une secte au Malawi ou d’activistes britanniques dont les déplacements pour des conférences étaient financés. Cette dernière référence pourrait être en lien avec les rumeurs selon lesquelles l’argent du ministère (DfID) avait permis à des membres du mouvement Black lives matter UK de se rendre à un forum international au Brésil.

Réformer le système d’aide

Priti Patel a expliqué à la commission parlementaire dédiée au développement international que son objectif était de réformer le système mondial d’aide, « afin qu’il bénéficie non seulement aux plus pauvres dans le monde, mais aussi aux contribuables au Royaume-Uni ».

« Il s’agit de s’assurer que nous dépensons l’argent du contribuable correctement, et que les contribuables comprennent mieux ce à quoi leur argent est utilisé », a-t-elle ajouté. Dans une opinion publiée par le Daily Mail, elle avait assuré que, comme les citoyens, elle était « furieuse » de voir que de l’aide humanitaire était « volée ou gaspillée dans des projets inappropriés ».

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Les parlementaires ne lui ont cependant pas fait un accueil triomphant. Stephen Doughty, du parti travailliste, lui a demandé à plusieurs reprises de mettre un chiffre sur cette portion d’aide « gaspillée ».

« En termes de pourcentage, il s’agit encore d’une partie significative de l’argent des contribuables britanniques », a-t-elle répondu. « Je ne pense pas que nous devrions nous concentrer sur des sommes totales ou des chiffres. Il s’agit de la confiance des citoyens. »

« On pourrait aussi dire que pour garantir la confiance il vaut mieux éviter les grandes déclarations qu’on est incapable de prouver », a rétorqué le député.

Maintien de l’objectif de 0,7%

« Elle devrait retourner à son poste très sérieux pour se concentrer sur les manières dont nous pouvons aider les gens confrontés à la pauvreté et aux conflits au Yémen, en Syrie ou au Sud-Soudan et passer moins de temps à polir son image de politique de droite. »

Les membres de la commission se sont par contre réjouis de la promesse de la ministre de continuer à allouer 0,7 % du PIB à l’aide au développement, mais s’inquiètent du fait qu’elle envisage de faire de Robert Oxley, grand critique de cet objectif, son conseiller spécial.

« L’opinion exprimée il y a des années par mon conseiller spécial ne reflète en rien le travail que j’entreprends », a-t-elle assuré.

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