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04/12/2016

Le référendum de NDDL prévu avant l’été

Le référendum de NDDL prévu avant l’été

La construction d'un nouvel aéroport à Notre Dames des Landes sera soumis à référendum.

Seuls les habitants de Loire-Atlantique seront consultés sur le référendum de Notre Dames des Landes, et ce avant l’été. Agrandir l’aéroport actuel serait pourtant plus protecteur pour l’environnement. Un article du JDLE.

Il a tranché : la consultation locale annoncée par le président de la République aura lieu sur le seul territoire de la Loire-Atlantique et avant l’été. Manuel Valls, interrogé ce jeudi 18 février par le quotidien régional Ouest-France, fait fi des obstacles juridiques soulevée par ce referundum qu’aucun texte ne prévoit – « Tous ceux qui utilisent ces arguments [juridiques], au fond, ne veulent pas de la consultation », estime le Premier ministre – et annonce qu’il va recevoir bientôt les élus des collectivités concernées pour mettre au point la formulation de la question qui sera soumise au vote.

Une reprise en main qui s’imposait, au lendemain de la publication par Le Canard Enchaîné d’une lettre de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement des Pays de la Loire (Dreal), transmise en 2014 par le Préfet de région, et jamais rendue publique jusqu’ici. Et à sa lecture, l’on comprend pourquoi.

La question posée par le préfet était la suivante : quels seraient les impacts sur la faune de l’allongement de la piste de l’aéroport actuel, situé à 11 km du centre-ville de Nantes et à proximité de la réserve du lac de Grand-Lieu, une zone humide de 1500 ha, un paradis pour les oiseaux, les batraciens et autres poissons. Sans équivoque, la Dreal conclue que rien – absolument rien – ne va à l’encontre de cette option. L’abaissement de 50 mètres des altitudes de vol pour les plus gros avions ? Compatible avec le décret qui interdit le survol de la réserve à une altitude inférieure à 300 mètres. Les oiseaux sont-ils dérangés par le trafic aérien actuel ? « La faune de la réserve a intégré cette activité continue et routinière, comme un élément à part entière de l’environnement du lac ». Mieux encore, les oiseaux « connaissent ce couloir et évitent déjà largement les avions ». La Dreal estime que les conséquences du rallongement de la piste de Nantes-Atlantique « ne [seront] pas perceptibles par la faune du lac et ne [génèreront] pas de perturbation ».

Certes, l’allongement de la piste « impactera les zones humides situées au bout de la piste actuelle (prairies, ruisseaux) », constate la Dreal. Un détail, « en comparaison de ceux issus de l’urbanisation prévisible des zones humides aujourd’hui préservées ». Car la présence de l’aéroport actuel a permis la constitution et le maintien d’une « ceinture verte constituée d’un bocage ancien et de nombreuses prairies humides entre l’agglomération nantaise et la réserve, qui fait office de zone tampon ». La Dreal l’écrit en toutes lettres : « Le déménagement de l’aéroport de Nantes-Atlantique se traduira par l’urbanisation de ces terres et par leur imperméabilisation qui ne peut être que préjudiciable aux équilibres écologiques de la réserve ».

France Nature Environnement n’a pas goûté l’entourloupe, rappelant dans un communiqué que l’argument des impacts du réaménagement sur le lac de Grand Lieu avait été utilisé « pour justifier de l’absence de solution alternative au transfert de l’aéroport… aboutissant au rejet de nos recours en justice. Le Préfet n’a ainsi pas hésité à mentir aux associations de protection de la nature, puis aux juges du tribunal administratif », accuse la fédération d’associations. « L’hypothétique référendum à venir ne saurait être organisé sur le fondement d’un mensonge d’État », conclut Denez L’Hostis, président de FNE.

Souvent Premier ministre varie. Car en novembre dernier, Manuel Valls se faisait un sang d’encre pour la faune vivant à proximité de l’actuel aéroport nantais. « L’actuel aéroport (Nantes-Atlantique) est au contact de trois zones Natura 2000, il n’est donc pas souhaitable de l’étendre. Si on veut être cohérent avec le rendez-vous de la COP21, alors il faut poursuivre les travaux »,expliquait-il alors à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, ce sont les riverains qui préoccupent le Premier ministre. En cas d’extension de la piste, « la vraie question n’est pas tant la faisabilité environnementale que les nuisances que cela impliquerait pour les riverains de l’aéroport », déclare t-il à Ouest-France.

Devant les critiques, dans les deux camps, soulevées par le referundum, Manuel Valls prévient :« Si on empêche la consultation, il n’y aura pas d’alternative, et les travaux démarreront de toute façon à l’automne. Cette consultation, c’est un avis – celui des habitants – pour dépasser les blocages. Toutes les règles, aujourd’hui, permettent la réalisation de cet ouvrage. Il ne faut pas avoir peur de la démocratie ». Et si le non au projet l’emportait ? « Alors, il ne sera pas possible de poursuivre le projet, bien évidemment ».

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