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02/12/2016

Alain Juppé promet une campagne présidentielle pro-européenne

Alain Juppé promet une campagne présidentielle pro-européenne

L'ancien premier ministre a donné le coup d'envoi de sa campagne à Strasbourg sur le thème de l'identité française.

Le candidat à la primaire de la droite veut défendre l’Union européenne au cours de sa campagne. Un projet qui devrait le distinguer de ses concurrents, comme Nicolas Sarkozy, Bruno Lemaire ou François Fillon.

« Je vais tenir pendant cette campagne un discours pour l’Europe » a affirmé Alain Juppé, lors d’une conférence de presse à Strasbourg, où le candidat à la primaire de la droite tenait le 13 septembre son premier grand meeting de campagne.

Lors de son meeting, Alain Juppée a affirmé que sa « campagne [sera] bientôt l’occasion de m’exprimer plus longuement sur l’ambition européenne que je veux redonner à la France dans les temps qui viennent. »

La perspective du Brexit attise les critiques de la droite envers Bruxelles

Tout en prétendant adhérer au projet européen, le parti dirigé par Nicolas Sarkozy multiplie les attaques en règle contre la Commission européenne, accusée de « faire sortir le Royaume-Uni et rentrer la Turquie».

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Dans la course à l’investiture de la droite pour l’élection présidentielle française, l’ancien premier ministre a pourtant choisi  un premier thème de meeting plutôt national, en tablant sur « l’identité française »

Identité française

« Entre le rêve européen et l’identité française, je ne vois aucune soustraction douloureuse, mais une addition fructueuse » a affirmé le candidat lors de son meeting.

Strasbourg sera le premier des huit à neuf grands meetings régionaux qu’Alain Juppé tiendra avant le 20 novembre, date de l’élection du candidat officiel de la droite à l’élection présidentielle française.

Pour l’heure, les différents candidats à l’investiture se sont illustrés par des positions assez nationales sur l’Europe. Dans la foulée du Brexit, Bruno Lemaire a par exemple appelé à recentrer l’Europe autour des six pays fondateurs de l’UE et à tenir un référendum sur la refondation du projet.

Nicolas Sarkozy a également pris position pour une consultation des Français sur le projet européen, et propose de réduire certaines compétences de la Commission européenne au profit des États membres, notamment sur le sujet des négociations commerciales transatlantiques.

>>Lire : Sarkozy veut suspendre les négociations du TTIP jusqu’en 2017

François Fillon n’est pas en reste en appelant à la fin de l’Union européenne à 28 pays. L’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy s’est opposé au projet européen sous cette forme qu’il considère comme trop fédéraliste, et appelle également à un référendum pour une refondation de l’Europe.

Anti-référendum

Dans une campagne de plus en plus marquée par la question européenne, Alain Juppé campe une position à contre-pied de ses adversaires.  « Faire aujourd’hui un référendum sur l’état de l’Union européenne ce serait demander au peuple de résoudre un problème à notre place », a martelé le candidat à Strasbourg, jugeant l’idée « irresponsable ».

La position de candidat face au choix des Britanniques est également arrêtée. « Les Britanniques doivent assumer leurs responsabilités » a rappelé Alain Juppé, demandant une sortie rapide de l’UE. « Le Brexit ne doit pas trainer » a-t-il rappelé.

>>Lire : Le Brexit menace les accords du Touquet

Le choix des Britanniques de sortir de l’UE aurait également dû remettre en cause les accords du Touquet, qui prévoient que le contrôle effectif des frontières entre la France et la Grande-Bretagne, notamment du fret, se fasse du côté français.

« Pourquoi n’a-t-on pas engagé un processus de dénonciation des accords du Touquet » a interrogé Alain Juppé, qualifiant l’accord franco-britannique de « profondément injuste ».

Schengen à revoir

Malgré un engagement européen plus marqué que plusieurs de ses concurrents, Alain Juppé, garde la ligne traditionnelle de la droite française en réclamant la fin des négociations d’adhésion à l’Union européenne avec la Turquie et une réforme de l’espace Schengen.

>>Lire: Alain Juppé plaide pour Schengen à Bruxelles

« Il faut refonder Schengen pour éviter le drame que serait le rétablissement de la frontière entre la France et l’Allemagne » a expliqué Alain Juppé. Selon lui, la réforme de Schengen n’impliquerait cependant pas obligatoirement sous les pays membres.  « Il faut voir qui veut le faire et qui ne veut pas » a-t-il prévenu.