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05/12/2016

Michel Barnier chargé de mener les négociations du Brexit

Michel Barnier chargé de mener les négociations du Brexit

Michel Barnier

[Conseil européen/Flickr]

L’ancien commissaire français aux services financiers, Michel Barnier, mènera les négociations du Brexit avec le Royaume-Uni, a annoncé la Commission européenne le 27 juillet.

« Michel Barnier aura accès à toutes les ressources de la Commission, nécessaires à l’accomplissement de sa mission. Il travaillera directement avec moi et je l’inviterai à faire des comptes-rendus réguliers auprès du collège pour tenir l’équipe au courant des négociations », a déclaré le président de la Commission, Jean-Claude Juncker.

« Je suis certain qu’il sera à la hauteur de ce nouveau défi et nous aidera à établir un nouveau partenariat avec le Royaume-Uni, après sa sortie de l’Union européenne. »

Michel Barnier est responsable de la vague de règlements sur les services financiers proposée par la Commission Barroso après la crise. Sa volonté de réguler tous les secteurs financiers et de limiter les bonus des banquiers lui a valu d’être accusé de comploter pour affaiblir le statut de Londres en tant que plateforme financière de l’UE.

Cet ancien ministre des Affaires étrangères français, affilié au parti Les Républicains, avait toujours nié ces accusations. Londres s’inquiète pourtant de la nomination de ce fédéraliste aux relations en dents de scie avec le Royaume-Uni.

Après le choc du référendum du 23 juin, Paris et Francfort se sont manifestés pour prendre la place de Londres en tant que centre financier du bloc.

>> Lire : Paris fait des pieds et des mains pour séduire la finance londonienne

Jacques Lafitte fondateur de la société de conseil en placement Avisa a estimé que cette nomination envoie un message très clair à la Grande-Bretagne. « Après toutes ces années pendant lesquelles la City a diabolisé Michel Barnier, souvent à tort, la Commission n’aurait pas pu faire passer de message plus ferme aux Anglais », a-t-il expliqué à l’AFP.

« Comme nous l’avons évoqué, il est important que les deux parties préparent ces négociations. Nous travaillerons avec plaisir avec les représentants des États membres, le Conseil et la Commission pour que le départ du Royaume-Uni se passe correctement », a déclaré un porte-parole du gouvernement britannique

L’ex-commissaire devra sans doute s’entretenir avec l’eurosceptique David Davis, le député conservateur nommé au poste de secrétaire d’État à la sortie de l’UE au Royaume-Uni.

Il avait travaillé pour le ministère des Affaires étrangères entre 1994 et 1997 et avait donc déjà eu la responsabilité de négocier avec l’Europe. Ses adversaires à Bruxelles l’avaient surnommé « Monsieur Non » pour sa position intransigeante.

>> Lire : Le commissaire Barnier défend un bilan de 41 normes européennes en 4 ans

Article 50

Jonathan Faull, qui travaillait avec Michel Barnier en tant que haut fonctionnaire, avait dirigé le groupe de travail ad hoc de la Commission avant le référendum du Brexit.

À présent, l’ancien commissaire portera le titre officiel de « Négociateur en chef responsable du groupe de travail de la Commission chargé de la préparation et de la conduite des négociations avec le Royaume-Uni au titre de l’article 50 du TUE ».

L’article 50 représente la procédure légale pour qu’un État membre se retiré de l’UE. Après la décision de la Grande-Bretagne de quitter le bloc, les dirigeants européens ont sommé le pays de déclencher la procédure « dès que possible ».

Jean-Claude Juncker avait d’ailleurs assuré qu’il n’y aurait pas de négociation sur les termes du divorce tant que l’article 50 n’a pas été invoqué.

L’ancien Premier ministre britannique David Cameron avait démissionné après l’annonce des résultats, laissant ce soin à son successeur, Theresa May.

La nouvelle Première ministre a déclaré qu’un « Brexit signifiait qu’il y aurait un Brexit » et a ajouté que la clause serait activée au cours de l’année prochaine, si le Royaume-Uni était prêt. De fait, les négociations peuvent durer jusqu’à deux ans après l’invocation de l’article 50.

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Candidature pour la présidence de la Commission.

Michel Barnier s’était présenté face à Jean-Claude Juncker pour devenir le candidat du PPE à la présidence de la Commission. Toutefois, Jean-Claude Juncker l’a nommé au poste de conseiller spécial pour la politique de défense et de sécurité.

À ce titre, il a conseillé une intégration militaire permanente dans les États membres, ce que certains ont interprété comme un appel à la constitution d’une armée européenne, inacceptable pour les Britanniques. L’ancien eurodéputé a également était commissaire à la politique régionale de 1999 à 2004 sous la présidence de Romano Prodi.

Le successeur de Michel Barnier aux services financiers était le Britannique, Jonathan Hill. Celui-ci a toutefois démissionné après le vote du Brexit et cédé sa place au Letton Valdis Dombrovskis. La Commission devrait annoncer quel portefeuille reviendra à Julian King, le successeur de Jonathan Hill.

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Commission européenne

  • Communiqué de presse : http://europa.eu/rapid/press-release_IP-16-2652_fr.htm