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11/12/2016

La Bundesbank reste calme face au Brexit

La Bundesbank reste calme face au Brexit

Jens Weidmann

La décision du Royaume-Uni de quitter l’Europe se ressent déjà sur le continent européen, et notamment sur l’économie allemande, explique le président de la banque centrale allemande à notre partenaire, WirtschaftsWoche.

Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, s’est dit déçu du résultat du référendum britannique sur l’UE. « C’est une décision malheureuse et, selon moi, une erreur », a-t-il déclaré lors d’un discours à Munich.

Comme la plupart des personnalités ayant commenté le résultat, il a toutefois prôné le respect de la décision britannique. Le président de la banque centrale a également souligné qu’il semblait être de plus en plus difficile de montrer aux citoyens les avantages à être dans l’UE.

Dans l’ensemble, Jens Weidmann a fait écho aux commentaires de son homologue de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, en qualifiant le Brexit de « crise politique » à résoudre grâce à des moyens politiques.

Comme Mario Draghi, il a également minimisé l’impact réel du vote britannique sur la zone euro, qui en a bien été ralentie, mais dont la situation est loin d’être catastrophique, selon lui. L’économiste n’estime donc pas que la BCE doive mettre en place des mesures supplémentaires.

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« Je ne vois pas le besoin de relâcher davantage la politique monétaire de la zone euro après le vote britannique », a-t-il assuré. « Cela ne réglerait pas le fardeau économique de cette ‘incertitude politique’. »

Ce n’est pas l’avis de tout le monde, puisque certains observateurs trouvent que la BCE devrait suivre l’exemple de la Banque d’Angleterre et alléger ces politiques. La BCE pourrait également élargir encore son programme de rachat d’obligations. L’institution n’a pas encore commenté ce type de spéculations. La semaine dernière, lors d’un forum organisé au Portugal, Mario Draghi a exprimé sa « tristesse » face au vote britannique.

Selon son adjoint, Vítor Constâncio, les mesures prises par la BCE ont évité au Brexit de se transformer en deuxième « moment Lehman ». « Notre politique est un facteur stabilisateur important », a-t-il assuré, indiquant que sans cela, le Brexit pourrait avoir eu des conséquences très dangereuses.

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Vítor Constâncio a ajouté qu’il faudrait voir comment la situation évolue avant de prendre d’éventuelles mesures supplémentaires, tout en soulignant que la BCE a encore des outils à sa disposition. En cas de discussion à ce sujet au Conseil des gouverneurs de la BCE, Jens Weidmann a appelé les membres de ce conseil directeur à favoriser la stabilité.

Le Royaume-Uni est le troisième plus gros importateur de marchandises allemandes. La BCE a estimé que le Brexit pourrait coûter environ 0,1 % de croissance à l’UE, un chiffre qui pourrait augmenter pour atteindre 0,5 % dans les cinq années à venir. Tout dépend en effet des conditions de sortie négociées entre Bruxelles et Londres.

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