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04/12/2016

La justice française saisie tardivement après une bagarre au Parlement européen

La justice française saisie tardivement après une bagarre au Parlement européen

Après une bagarre, un eurodéputé s'était effondré dans une allée du Parlement européen début octobre

Trois semaines après les faits, le président du Parlement européen Martin Schulz a saisi la justice française d’une altercation entre membres du parti europhobe Ukip dans l’enceinte du parlement à Strasbourg.

«Compte tenu de la gravité des faits – il s’agit de coups et blessures – et des conséquences pénales, il faudra continuer à éclaircir les faits (survenus le 6 octobre, ndlr) et à enquêter», a expliqué M. Schulz dans l’hémicycle strasbourgeois.

Un eurodéputé UKIP hospitalisé après une rixe au Parlement européen

Steven Woolfe, favori pour reprendre la place de Nigel Farage à la tête du Parti britannique pour l’indépendance (UKIP), a été hospitalisé jeudi, après une réunion agitée avec d’autres eurodéputés UKIP au Parlement européen.

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«J’ai donc décidé de suivre la recommandation du comité consultatif (sur la conduite des membres du Parlement européen, un organe interne, NDLR) et de saisir les autorités françaises pour que les faits soient confiés au parquet», a-t-il poursuivi.

Schulz a souligné que cette affaire était «présentée de façon très différente» par les deux députés concernés par l’altercation et qu’il n’yait «pas de témoin direct des faits».

«Il s’agit manifestement d’un coup porté à la tête», a-t-il toutefois déclaré, disant ne pas avoir de doute «sur les déclarations de Steven Woolfe».

Woolfe, 48 ans, avait été hospitalisé à Strasbourg après une altercation qui s’était produite dans l’enceinte du Parlement européen, lors d’une réunion houleuse des eurodéputés de l’Ukip.

Dans un entretien avec le quotidien Daily Mail, Steven Woolfe a raconté que son confrère Mike Hookem, un ancien soldat de 62 ans, lui avait porté un coup.

La tension serait montée lorsque M. Woolfe a confirmé qu’il voulait briguer la tête du parti, après avoir admis avoir failli faire défection pour le parti conservateur de la Première ministre Theresa May.

Hookem a démenti ces déclarations, affirmant qu’il n’avait «pas frappé Steven».

«Il n’y a absolument aucune preuve que quelqu’un ait reçu un coup de poing», a affirmé mercredi Nigel Farage, qui assure l’intérim à la tête du parti Ukip.

Mike Hookem a quant à lui demandé à Martin Schulz de répéter ses propos afin qu’il puisse «entamer une action» contre lui.

«Si vous souhaitez introduire une procédure de droit civil à mon encontre, je vous invite à le faire ici à Strasbourg ou en Allemagne», lui a répondu M. Schulz, ajoutant même: «je me réjouis de m’opposer à vous dans le cadre d’une procédure».

Une saisine tardive de la justice

«Ce que je regrette, c’est de devoir faire une enquête pour savoir si un parlementaire a frappé un autre parlementaire, c’est cela le scandale», a estimé le président du Parlement européen.

L’enquête préliminaire, ouverte par la parquet, pourra donner lieu, ou non, à une information judiciaire sous l’autorité d’un juge indépendant. Selon une source au sein de la justice française, le fait que le Parlement européen ait tardé pour saisir la justice ne facilite pas l’enquête. En effet, c’est souvent dans les premiers jours que les enquêteurs obtiennent les meilleurs résultats en raison de la présence d’éventuels témoins qui se remémorent encore précisément des faits le jour J.

Depuis cet épisode, Steven Woolfe a claqué la porte du parti Ukip en dénonçant un climat de «guerre intestine» au sein de la formation, dont le nouveau leader sera désigné le 28 novembre.

Farage a confié une enquête interne au président et au secrétaire du parti europhobe pour faire la lumière sur ces faits.

Les élus UKIP pourraient payer cher leur bagarre au Parlement

Steven Woolfe et Mike Hookem, les deux eurodéputés UKIP qui se sont battus au Parlement européen le 6 octobre, pourraient être suspendus de leurs fonctions et voir leur remboursement de frais minoré.

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