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26/09/2016

La mobilisation progresse pour la pilote ukrainenne détenue en Russie

La mobilisation progresse pour la pilote ukrainenne détenue en Russie

Nadia Savtchenko

Le président ukrainien Porochenko a demandé aux États-Unis et à l’Union européenne d’accroître leurs pressions sur la Russie pour libérer Nadia Savtchenko, qui observe une grève de la faim.

Auparavant, trois lauréats du prix Nobel ont signé une lettre ouverte appelant l’Europe à «prendre d’urgence des mesures» pour obtenir la libération de la militaire, un texte qui avait recueilli 5.000 signatures lundi en fin de matinée.

«L’Ukraine a envoyé une lettre aux pays de l’UE et aux Etats-Unis leur demandant d’intensifier leurs pressions sur la Russie pour (obtenir) la libération de Nadia», a écrit le président Porochenko sur son compte Facebook.

Le porte-parole à l’action extérieur de l’UE a publié dans la foulée un communiqué, estimant que «la grève de la faim de Nadia Savtchenko très inquiétante» et appelant à sa libération immédiate.

«Celà s’inscrirait également dans le paquet de mesures décidées lors de l’accord de Minsk» rappelle l’Union européenne.

La pilote de 34 ans est accusée du meurtre de deux journalistes russes dans l’est de l’Ukraine, et son procès dans la petite ville russe de Donetsk (non loin de la frontière avec l’Ukraine) a été abruptement suspendu jeudi. Elle encourt une peine de 23 ans de prison.

Sans attendre la reprise des audiences le 9 mars, Nadia Savtchenko, considérée dans son pays comme une héroïne nationale, a entamé jeudi une grève de la faim et de la soif.

«Son état est plus ou moins satisfaisant, mais on voit les conséquences de sa grève», a déclaré lundi à l’AFP l’un de ses avocats, Mark Feïguine.

«Savtchenko est convaincue que plus vite les procédures seront terminées, plus vite elle pourra rentrer chez elle, en Ukraine. Mais c’est n’est pas vraiment comme cela que ça se passe», a-t-il ajouté, craignant que sa grève ne soit pas «une méthode efficace pour faire pression sur le Kremlin, qui est derrière ce procès».

Des centaines de manifestants ont réclamé dimanche, devant l’ambassade de Russie à Kiev, sa libération, certains jetant des oeufs, brisant des vitres ou brûlant le drapeau russe.

La dernière lauréate du prix Nobel de littérature, la Bélarusse Svetlana Alexievitch, et deux autres lauréats avant elle, l’Autrichienne Elfriede Jelinek et le Lituanien Tomas Venclova, ont signé une lettre ouverte «aux dirigeants européens» expliquant que la vie de la pilote comme la crédibilité de l’Europe étaient en jeu.

«Notre capacité à lui sauver la vie va mettre à l’épreuve l’efficacité de la diplomatie internationale et notre engagement vis-à-vis des valeurs européennes», est-il écrit dans la lettre diffusée dimanche sur internet et qui avait recueilli plus de 5.000 signatures.

Mme Savtchenko a été «kidnappée» et est «emprisonnée depuis plus de 20 mois en Russie», ajoute la lettre ouverte.

«Les autorités russes ont transformé en farce les droits civils, le droit international et leur propre Constitution. Elles ont montré du mépris pour la communauté internationale et les Accords de Minsk» signés en février 2015 et censés mettre fin à un conflit de 23 mois entre le gouvernement ukrainien et les séparatistes prorusses.

Les Occidentaux ont en vain multiplié leurs appels à la libération de la pilote depuis son arrestation en juillet 2014, selon Moscou sur le territoire russe.

La France s’est dite lundi «préoccupée» par l’état de santé de Nadia Savtchenko et a demandé sa libération.

«Il appartient à la Russie, conformément aux accords de Minsk, de faire preuve de transparence sur son état de santé», a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay Romain Nadal.

Paris a également exhorté Moscou à «ne pas détenir plus longtemps les personnes retenues illicitement sur son territoire, notamment Mme Nadia Savtchenko».

Cette pilote nie être impliquée dans le meurtre de deux journalistes russes et accuse les séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine de l’avoir capturée sur le territoire ukrainien et livrée aux autorités russes.