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04/12/2016

Le départ de Kristalina Georgieva à la Banque mondiale fragilise la Commission

Le départ de Kristalina Georgieva à la Banque mondiale fragilise la Commission

Kristalina Georgieva [Commission]

Kristalina Georgieva, vice-présidente de la Commission européenne, a démissionné vendredi 28 octobre de son poste, pour prendre la tête de la Banque mondiale.

La représentante bulgare, qui était en charge du budget et des ressources humaines, devrait quitter son poste d’ici la fin de l’année, et rejoindre la Banque Mondiale, à Washington, en tant que directeur général.

Ce départ est un revers pour la Commission Juncker, déjà fragilisée par le Brexit et la crise des réfugiés. En interne, la vice-présidente était appréciée de ses troupes, et avait une réputation de « bosseuse », selon un fonctionnaire.

Le président de la Commission a déclaré dans un communiqué regretter la décision de sa vice-présidente. « Le travail de la Commission européenne doit continuer » a souligné le chef de l’exécutif, dont le rôle est régulièrement remis en cause, notamment du côté germanique.

Il a de nouveau attribué le portefeuille de Kristalina Georgieva au commissaire allemand, Gunther Oettinger, qui l’avait déjà pris en septembre dernier, lors de la candidature de Mme Georgieva au poste de directeur général des Nations Unies.

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Boyko Borrisov, le Premier ministre bulgare, a décidé d’abandonner Irina Bokova pour soutenir la candidature de Kristalina Georgieva, vice-présidente de la Commission européenne, au poste de secrétaire générale de l’ONU.

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L’absence de soutien des principaux pays du Conseil de sécurité a empêché la Bulgare d’obtenir le poste, et ce malgré la volonté de nombreuses parties prenantes de voir une femme prendre la tête des Nations Unies. Le poste à la Banque Mondiale peut être analysé comme un lot de consolation pour une femme politique battante et très présente dans une Commission où tous les commissaires ne vont pas si régulièrement au bureau.

Son opposition régulière avec le directeur de cabinet de Jean-Claude Juncker, Martin Selmayr, souvent accusé de concentrer tous les pouvoirs de l’exécutif européen, aura aussi pesé dans la balance. Il s’agit du deuxième commissaire à démissionner en quelques mois, après le commissaire britannique, Jonathan Hill.