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28/09/2016

Le gouvernement italien furieux de la dégradation de sa note

Le gouvernement italien furieux de la dégradation de sa note

Pier Carlo Padoan

[Lisbon Council/Flickr]

Le gouvernement italien a manifesté son irritation ce week-end après l’annonce anticipée, vendredi soir, d’un placement sous surveillance négative de sa note de crédit par DBRS, la quatrième grande agence mondiale de notation.

DBRS est la dernière grande agence à avoir maintenu une note A pour l’Italie, au milieu de la catégorie d’investissement, et un abaissement de sa note renchérirait les coûts de financement des banques italiennes déjà dans une passe difficile.

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La Banque centrale européenne exige en effet qu’au moins une des quatre grandes agences – DBRS, Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch – place la dette d’un pays en catégorie d’investissement pour que ses banques puissent bénéficier de prêts à des taux avantageux à ses guichets.

Le ministre italien de l’Économie, Pier Carlo Padoan, a pourtant récemment assuré que les banques du pays n’étaient pas en crise systémique et ne menaçaient pas d’autres systèmes bancaires. « Le système bancaire italien n’est pas en crise systémique et n’est pas non plus une source de vulnérabilité pour d’autres systèmes bancaires », avait-il déclaré au parlement. Un argument qui n’a manifestement pas convaincu DBRS.

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Recours

Un porte-parole du ministère de l’Économie a dit samedi que Rome envisageait de contester la décision de DBRS car elle a été communiquée en-dehors du calendrier, fixé à l’avance, que les agences de notation sont tenues de respecter depuis la crise financière.

« Notre opinion est qu’il y eu violation des règles et nous sommes en train d’évaluer la situation pour voir s’il existe des conditions pour contester la décision », a-t-il dit.

DBRS a dit avoir décidé de revoir la note en dehors de son calendrier habituel à cause des incertitudes politiques autour du prochain référendum sur la Constitution, des pressions actuellement subies par les banques, de la fragilité de la reprise économique et d’un environnement extérieur moins stable.

Des arguments« faibles et injustifiés », selon le porte-parole du ministère, qui n’a cependant pas précisé par quels moyens le ministère pourrait contester la décision.

Le processus de réexamen de la note devrait prendre environ trois mois. DBRS a indiqué dans son communiqué qu’un abaissement éventuel de sa note A (A-) serait seulement d’un cran, soit à BBB (B+), assez cependant pour priver l’Italie de sa dernière note A.

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