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30/09/2016

L’Écosse cherche sa voie après le Brexit

L’Écosse cherche sa voie après le Brexit

Nicola Sturgeon est bien décidée à ne pas laisser l'Écosse sortir de l'UE.

[First Minister of Scotland/Flickr]

Si les scénarios d’une indépendance ont été réveillés par la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne, l’Ecosse étudie également d’autres options, qui la feraient rester membre du Royaume-Uni tout en conservant une relation privilégiée avec le bloc des 27.

Alors que le Royaume-Uni a voté à 52% pour quitter l’UE lors du référendum du 23 juin, l’Écosse s’est prononcée à 62% pour un maintien dans le giron européen.

« Réfléchissons à toutes les options », a déclaré cette semaine la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, évoquant une solution « sur mesure » pour l’Ecosse.

Pour Alyn Smith, député européen du Parti national écossais (SNP) – dirigé par Nicola Sturgeon -, l’indépendance n’est « pas notre première option ».

« Nous venons juste d’avoir un référendum », explique-t-il à l’AFP, en référence à la consultation organisée en septembre 2014, lors de laquelle les Ecossais avaient voté à 55,3% pour rester au sein du Royaume-uni.

« Nous avons plusieurs exemples dans l’Union européenne de pays où cohabitent deux systèmes », ajoute celui qui a reçu une ovation au Parlement européen fin juin après avoir appelé ses collègues à ne pas laisser tomber l’Ecosse.

>> Lire : L’Écosse aura son mot à dire dans les négociations du Brexit

Voici les trois principales hypothèses à l’étude :

Un « Groenland inversé »

Pays constitutif du royaume du Danemark, le Groenland a quitté la Communauté économique européenne (CEE) en 1985 afin de préserver sa pêche, tandis que le Danemark y est resté.

La perspective de voir l’Ecosse rester dans l’UE alors que le reste du Royaume-Uni la quitterait « n’est pas aussi invraisemblable que certains ne le pensent », a jugé dans le quotidien The Guardian Sionaidh Douglas-Scott, professeure de droit à la Queen Mary University de Londres.

La juriste souligne notamment que l’île de Man et les îles anglo-normandes, qui dépendent de la couronne britannique, ne font pas partie de l’UE.

Pour autant, selon Michael Keating, professeur de politique écossaise à l’Université d’Aberdeen (Écosse), le modèle du Groenland est difficilement duplicable à l’Écosse car, dans ce cas, « la plus grande partie de l’État serait hors de l’UE ».

Une Écosse à la norvégienne

Selon ce scénario, l’Écosse sortirait de l’UE avec le reste du Royaume-Uni, mais conserverait des liens bien plus étroits que Londres avec les 27.

Selon les universitaires Anand Menon et Damian Chalmers, un tel arrangement est « constitutionnellement possible».

En échange d’une contribution au budget européen et d’un maintien de la liberté de circulation sur son sol, l’Ecosse, qui continuerait d’appliquer une majorité de la législation européenne, conserverait son accès au marché unique et pourrait éventuellement posséder un siège à l’influent Comité des représentants permanent (Coreper) à Bruxelles.

 L’indépendance

Quelques heures à peine après l’annonce du Brexit, Nicola Sturgeon avait jugé « hautement probable » la tenue d’un référendum sur l’indépendance de sa région. Il revient cependant au Parlement britannique d’accorder ou non cette nouvelle consultation aux Écossais.

>> Lire : L’Écosse pourrait être indépendante deux ans après le Brexit

La Première ministre avait alors précisé que le vote – s’il avait lieu – devrait se tenir avant que le divorce du Royaume-Uni et de l’UE ne soit prononcé. Selon des constitutionnalistes, l’Écosse pourrait dès lors « hériter » de l’appartenance britannique à l’UE, sans avoir à candidater pour réintégrer le bloc des 27.

Pour autant, selon un sondage publié samedi, 53% des Écossais se prononceraient en faveur d’un maintien au sein du Royaume-Uni en cas de nouveau référendum, contre 47% pour une indépendance.

« Cependant, beaucoup de choses peuvent encore évoluer dans les années à venir », a précisé l’institut YouGov, auteur de l’enquête. « Le débat sur l’indépendance évoluera quand émergeront les modalités du Brexit. »

>> Lire aussi : Avenir incertain pour l’Écosse, l’Irlande du Nord et Gibraltar