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03/12/2016

Nouvelle ère pour l’agriculture bio en France

Nouvelle ère pour l’agriculture bio en France

Le soutien du ministre de l’agriculture n’arriverait-il pas un peu tard?

[Michael McGimpsey/Flickr]

L’Agence bio est chargée par le ministère de l’agriculture de «consolider l’accompagnement de l’essor de la bio dans les années à venir», selon un communiqué diffusé le 24 août. L’occasion de relancer le programme Ambition Bio 2017, qui va rater son objectif. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Alors que le cru 2015 s’est avéré excellent pour l’agriculture biologique, avec une hausse de 23% des terres cultivées et de 15% du marché, Stéphane Le Foll a souligné «la qualité du travail effectué depuis plusieurs années par l’Agence pour accompagner toutes les parties prenantes, producteurs, transformateurs et distributeurs».

>> Lire : L’agriculture bio pourrait bien nourrir la planète

Ambition bio va rater son objectif

Le soutien du ministre de l’agriculture n’arriverait-il pas un peu tard? Sa dernière décision concernant la bio remonte à mai 2013. Le programme Ambition bio visait alors à doubler la part de la surface agricole utile (SAU) dédiée à l’agriculture biologique, de 4% fin 2012 à 8% fin 2017. Peine perdue. Les terres cultivées en bio ne représentent, fin 2015, qu’à peine 5% de la SAU. Et si elles devraient s’approcher de 6% fin 2016, il y a fort à parier que l’objectif de 8% ne sera pas atteint avant 2020. Au mieux.

Un nouveau plan en novembre?

L’annonce du ministre n’aurait-elle pas pour seul effet de prolonger le plan national au-delà de 2017? «L’idée est d’enclencher la troisième phase de la bio en France», explique au JDLE Florent Guhl, directeur de l’Agence créée en 2001 par les ministres de l’agriculture Jean Glavany et de l’écologie Yves Cochet. «Après les prémisses de la bio observés il y a 20 à 30 ans et la consolidation lancée en 2013, l’heure est à un développement plus important.» Autrement dit: la forte accélération observée depuis 2015 doit être pérennisée. Pour l’instant, elle ne repose que sur une hausse de la demande et sur la volatilité du prix du lait et des céréales.

>> Lire : Le Parlement s’oppose à des règles plus strictes pour l’agriculture bio

Les grandes cultures en ligne de mire

«Les Assises nationales organisées le 14 novembre seront l’occasion d’identifier les freins et les leviers à notre disposition», ajoute Florent Guhl. Les grandes cultures bio, dont la part de la SAU plafonne à 2%, sont en ligne de mire. «Elles posent un problème important de stockage. Il faudrait donc développer les investissements dans les silos dédiés», lance-t-il. Certains projets existent déjà. Ils sont financés par les régions et les agences de l’eau plutôt que par l’Agence bio, dont le fonds Avenir bio (doté de 4 millions d’euros par le ministère de l’agriculture) cible les projets de structuration à l’échelle nationale, comme l’amélioration d’une filière de distribution.

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