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28/08/2016

Paris paie le prix fort contre le changement climatique

Paris paie le prix fort contre le changement climatique

Avec plus de 500 euros par an et par habitant, Paris est la ville au monde qui consacre le plus de moyens à la lutte contre le changement climatique. Un article de notre partenaire La Tribune.
Selon une étude menée par le University London College (UCL) parue lundi dans la revue Nature Climate Change, les dépenses consenties par les plus grandes villes du monde pour se prémunir des effets du changement climatique se sont accrues de 25% en 10 ans pour atteindre en  2015 286 milliards d’euros. Pour autant, elles ne représentent encore que 0,33% du produit intérieur brut des villes.

Paris championne de la résilience

Surtout, l’étude, qui porte plus spécifiquement sur New York, Londres, Paris, Pékin, Mexico, São Paulo, Bombay, Jakarta, Lagos et Addis Ababa, révèle d’importantes disparités entre les villes. Avec 2 milliards d’euros en 2014/15, devant Londres et Paris, New York semble sur une autre planète qu’Addis Abeba et ses 19 millions.
Ramené au nombre d’habitants, avec 248,5 euros par tête, New York fait 35 fois mieux que Lagos (Nigeria). Mais c’est la capitale française qui emporte la palme avec 510,4 euros par Parisien. Paris, particulièrement en pointe en matière de lutte contre le changement climatique, a rejoint il y a un an le réseau international Resilient Cities soutenu par la fondation Rockefeller et a organisé lors de la COP21 un grand rassemblement d’élus locaux sur le sujet.

Résilience des villes : dépenses par habitant

 Les infrastructures avant les habitants

Alors que la part du produit intérieur brut consacré à la résilience climatique s’établit entre 0,15% pour les villes en développement et 0,22% pour celles des économies développées, Pékin se distingue avec 0,33%. Au vu des perspectives démographiques, qui prévoient que sur les deux-tiers de citadins que comptera la planète en 2050, une majorité habitera dans des villes africaines, asiatiques et sud-américaines, ce constat ne manque pas de les inquiéter. Lagos, par exemple, devrait voir sa population doubler à 36 millions d’habitants d’ici à 2050. Pour les auteurs de l’étude, au-delà de la richesse des villes, ces différences tendent à prouver que les infrastructures sont mieux préservées que les populations.
Autre enseignement de l’étude : si les villes des pays développés consacrent plus de moyens à la protection de leurs infrastructure d’approvisionnement en eau, en énergie et aux activités de services telles que la banque ou l’assurance, sans surprise, dans les pays en développement, l’agriculture et la forêt mobilisent plus de moyens.
Seul le bâti fait jeu égal au Nord et au Sud, avec 32% des dépenses concernées, à l’exception là encore de Pékin qui y consacre 50%.

Un nouveau marché pour le secteur privé

Quoi qu’il en soit, l’intérêt grandissant des villes pour le sujet aiguise l’appétit du secteur privé. Au-delà des initiatives de villes intelligentes qui englobent toutes un volet « résilience », certaines offres plus spécifiquement dédiées commencent à voir le jour. C’est le cas de la solution proposée par Veolia et le ré-assureur Swiss-Re, qui, fort de son expertise sur l’impact économique des chocs ou menaces plus chroniques qui pèsent sur les villes, s’apprête à fournir des solutions de résilience globales et intégrées à la Nouvelle-Orléans et bientôt à New-York, dans le cadre de partenariats tripartites. Au-delà de ces villes sensibilisées à la question après les ouragans Katrina et Sandy, les deux groupes visent toutes les métropoles aux infrastructures vieillissantes confrontées à des menaces environnementales diverses, et assurent que la plupart des maires sont aujourd’hui prêts à utiliser des outils de gestion des risques.

La Tribune