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09/12/2016

L’interconnecteur gazier tchéco-polonais toujours au programme

L’interconnecteur gazier tchéco-polonais toujours au programme

Stork II

Les Premiers ministres tchèque et polonais ont décidé de continuer le projet d’interconnexion gazière entre leurs deux pays, malgré les doutes qui subsistent quant à sa concrétisation. Un article d’EurActiv République tchèque.

Prague et Varsovie n’ont pas l’intention d’abandonner le projet Stork II, qui a pour but de renforcer l’interconnexion gazière entre les deux pays.

Une proposition de cofinancement dans le cadre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe sera à nouveau soumise à l’UE pour obtenir les fonds nécessaires, selon les informations obtenues par EurActiv.

L’interconnecteur devrait être opérationnel en 2020, selon le mémorandum signé par le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, et son homologue polonaise, Beata Szydło, lors du sommet des pays de Visegrád il y a deux semaines.

Stork II a été imaginé dans le cadre de l’interconnexion gazière nord-sud, qui devrait contribuer au développement des marchés de gaz naturel en Europe centrale et orientale, pour une sécurisation des sources et une diversification des arrivées.

La construction du gazoduc est également soutenue depuis longtemps par l’UE. En 2013 et 2016, elle a été incluse dans les projets d’intérêts communs, qui sont considérés comme importants pour la sécurité énergétique de toute l’union.

À l’origine, elle devrait s’achever en 2019. Au début du mois, le gouvernement tchèque a reçu des informations indiquant que son homologue polonais souhaitait imposer un moratoire de trois ans sur le projet.

Des sources d’EurActiv République tchèque avaient expliqué à l’époque que cette hésitation était liée à des inquiétudes quant ai gazoduc North Stream, qui devait doubler les capacités de transport du gaz de Russie vers l’Allemagne. Celui-ci aurait été complété par un autre gazoduc, Eugal, reliant l’Allemagne à la République tchèque.

Si ces projets étaient concrétisés, ils ouvriraient un nouvel accès au gaz russe pour la Pologne, via l’interconnexion. L’arrivée de gaz peu cher en Europe centrale pourrait damer le pion à certains projets sur lesquels la Pologne a misé.

Varsovie tente de se ménager un accès à trois sources de gaz différentes. En juin, le terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) de Świnoujście a ouvert à cette fin. D’ici fin 2020, la Pologne voudrait aussi un nouveau gazoduc lui amenant du gaz norvégien. Outre l’aspect de sécurité énergétique, cette stratégie permettra également à développer le marché et à renforcer la position du pays dans sa région.

>> Lire : Un terminal de GNL pour une nouvelle carte énergétique de la Pologne

Soutien politique

Face à cette hésitation de la Pologne, le gouvernement tchèque a lancé une offensive diplomatique au mois de juin. Le récent mémorandum signale que les deux parties soutiennent encore le projet.

« Cela met un terme aux spéculations sur nos problèmes de coopération », a assuré Konrad Szymański, secrétaire d’État aux Affaires européennes polonais à BiznesAlert.pl.

Le mémorandum donne aussi l’impulsion aux opérateurs des systèmes de transmissions tchèque (Net4Gas) et polonais (Gaz-System) de préparer les étapes supplémentaires du projet.

Michael Kehr, directeur de stratégie à Net4Gas, les projets de cette envergure ne sont possibles qu’avec un soutien politique. Stork II devrait donc servir à assurer l’avenir de la sécurité énergétique et à l’intégration du marché du gaz d’Europe centrale, avec des conséquences positives sur la compétition.

Toutefois, le marché ne montre actuellement pas d’intérêt pour ces capacités, il serait donc difficile aux opérateurs de financer le projet sans aide de la part des régulateurs.

Nouvelle aide

Une nouvelle date de concrétisation signifie aussi que le projet doit entrer une nouvelle demande de cofinancement européen.

En septembre dernier, la Commission européenne avait décidé d’allouer 63 millions d’euros au projet. Cette somme aurait dû provenir du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), qui soutient la construction de réseaux numériques, énergétiques et de transport au sein de l’UE.

Les opérateurs des systèmes d’opération devraient donc à présent soumettre une nouvelle demande d’ici le 8 novembre.

La Commission préparera alors une liste de projets finançables qui devra être approuvée par les représentants des États membres. Les projets retenus négocient ensuite leurs financements avec l’exécutif, ce qui n’a pas eu lieu pour Stork II, à cause des retards.