13 ministres des affaires européennes appellent à voter Macron

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Des supporters d’Emmanuel Macron et du mouvement « En Marche » regardent le débat télévisé entre leur candidat et sa rivale, Marine Le Pen, dans un bar parisien. EPA/IAN LANGSDON [Ian Langsdon / EPA]

L’identité du président français est de la plus haute importance pour l’avenir de l’Europe. Les 13 anciens ministres des affaires européennes signataires de cette lettre ouverte, en exclusivité sur Euractiv, ont fait leur choix.

Cette opinion a été rédigée par Hans-Martin Bury (Allemagne) ; Peter Friedrich (Allemagne) ; Mircea Geoana (Roumanie) ; Günter Gloser (Allemagne) ; Elisabeth Guigou (France) ; Alain Lamassoure (France) ; Noëlle Lenoir (France) ; Gunnar Lund (Suède) ; Denis MacShane ( Royaume-Uni) ; Ramon de Miguel (Espagne) ; Antonio Monteiro-Martins (Portugal) ; Dick Roche (Irlande) ; Vicenzo Scoti (Italie).

L’élection du prochain résident français, le 7 mai, est entre les mains des citoyens français, mais concerne en réalité tous les citoyens européens. La France est un État fondateur de l’intégration européenne qui a débuté en 1950 et se poursuit de nos jours.

L’identité du président français est donc de la plus haute importance. Pour nous, le choix est clair. Un candidat se pose en partenaire des autres pays européens, alors que l’autre souhaite fermer les frontières françaises au reste du continent.

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Le candidat a développé, lors d’un meeting ayant réuni 12.000 personnes à Paris, le 1er mai, son credo anti-FN. Il a aussi clairement dénoncé les régimes d’Orban, Kacszynski et Poutine, et envisagé une nouvelle expertise sur le CETA, s’il est élu.

Un candidat exprime un patriotisme essentiel et l’amour de son pays, croit en un patriotisme qui soit le complément du partenariat européen, et non son ennemi. L’autre se complait dans un isolationnisme teinté de xénophobie.

Un candidat voit la monnaie unique comme un avantage pour la France, l’autre veut retourner à une Europe aux devises concurrentes, rivales – le rêve des spéculateurs du monde entier et la destruction programmée de l’épargne engrangée par des citoyens français ayant travaillé toute leur vie. Puis, face à la réticence des Français, cette même candidate fait marche arrière, propose d’attendre un an avant d’abandonner l’euro. Personne n’est dupe.

Un candidat insiste sur le besoin de réforme, d’une nouvelle énergie, d’une nouvelle attention aux obligations sociales pour l’Europe, une Europe qui créerait de l’emploi, encouragerait les entrepreneurs, réformerait les codes des impôts et du travail pour mettre la France dans la lignée des économies européennes et mondiales les plus performantes. L’autre prône un conservatisme nationaliste décourageant pour les investisseurs étrangers et déconnectant la France des marchés essentiels aux nouveaux modèles économiques du monde entier.

Un candidat accepte la responsabilité de la France vis-à-vis des juifs durant la Seconde Guerre mondiale. L’autre a nommé comme son successeur à la tête du Front national un homme qui cherche à minimiser et à réécrire l’Histoire des juifs, homosexuels et autres citoyens européens visés par le nationalisme extrême des années 1930, jusqu’en 1945. Il a été forcé de démissionner, mais le fait même qu’il ait été choisi en dit long.

Un candidat a offert l’amitié de la France à aux peuples et dirigeants des États membres européens. L’autre est la candidate du Frexit et préfère choisir ses amis dans un réseau de propagandistes anti-européens émanant de forces obscures dans l’est de l’Union européenne.

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La déroute des partis traditionnels favorise le débat autour du Frexit. L’hypothèse alarme les économistes qui craignent un « arrêt cardiaque » de la finance mondiale et une ardoise élevée pour les plus pauvres.

Après une décennie perdue pour l’Europe à cause de la crise de 2007-2009 et de la nécessité urgente de dédier des ressources publiques à l’endiguement de l’effondrement du système financier, les économies européennes retrouvent leur aplomb. Cela signifie cependant investir dans de nouvelles capacités de production et créer des emplois qui rapportent un salaire décent à tous les acteurs de la société.

Un candidat n’a pas peur de s’engager, et la France avec lui, vers un tel programme. L’autre estime que les frontières et contrôles nationalistes et le protectionnisme sont les meilleures options pour le 21e siècle.

Un candidat veut une France ouverte à la diversité culturelle européenne, tout en respectant la culture française. L’autre rêve de suprématie nationale pour son pays.

En tant qu’anciens ministres à l’Europe et aux Affaires étrangères, nous n’hésitons donc pas une seconde pour demander à nos très nombreux amis français de voter pour Emmanuel Macron dimanche. Pour l’avenir de la France et de l’Europe, contre la création d’un mur entre la France et le reste du monde et pour la France que nous connaissons et aimons, dans une Europe forte et unie.

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