Bruxelles veut croire à l’unité de l’Espagne

[Jordi Boixareu/Flickr]

La Commission européenne a exprimé sa « confiance » envers toutes les forces politiques œuvrant à trouver une solution à la situation en Catalogne dans le cadre de la constitution espagnole. Un article d’Euroefe.

« Nous faisons confiance aux institutions espagnoles, au président Mariano Rajoy, avec qui le président de la Commission Jean-Claude Juncker est en contact régulier », a indiqué le commissaire européen en charge du dialogue social, Valdis Dombrovskis. « Ainsi qu’à toutes les forces politiques œuvrant à la recherche d’une solution dans le cadre de la constitution espagnole. »

Le collège des commissaires européens a brièvement abordé durant sa réunion hebdomadaire la situation en Catalogne, selon le commissaire. « La Commission suit de près la situation en Espagne et réitère son appel au respect de l’ordre constitutionnel espagnol », a-t-il insisté. « L’exécutif soutient les efforts pour empêcher la division et la fragmentation, pour faire preuve d’unité et de respect envers la constitution espagnole. »

Le 11 octobre, le gouvernement espagnol a demandé officiellement au gouvernement catalan de confirmer si Carles Puigdemont a déclaré l’indépendance de la région lors de la session parlementaire du mardi 10 octobre.

En fonction de la réponse, Madrid pourrait appliquer l’article 155 de la constitution, qui permet de reprendre le contrôle de la région autonome.

Pour Paris, une indépendance unilatérale illégale

La France considère illégale « toute déclaration unilatérale d’indépendance » déclarée par les autorités catalanes. Selon la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, celle-ci « ne pourra en aucun cas être reconnue ».

La porte-parole a indiqué que les inquiétudes subsistaient quant à la situation en Catalogne suite à la déclaration du président Carles Puigdemont. « Toute solution à cette crise interne devra être trouvée dans le cadre institutionnel espagnol », a-t-elle signalé, avant d’ajouter : « l’unité et la légalité constitutionnelles doivent être respectées et préservées ».

La position de la porte-parole est en ligne avec celle de la secrétaire d’État aux affaires européennes, Nathalie Loiseau, qui a indiqué le 2 octobre que la France ne reconnaîtrait pas une indépendance unilatérale de la Catalogne.

La France ne reconnaîtra pas l'indépendance de la Catalogne

Si la Catalogne déclarait unilatéralement son indépendance, la France ne la « reconnaîtrait pas », a déclaré la ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau.

Le président Emmanuel Macron a aussi montré avec fermeté son soutien au cadre constitutionnel espagnol et a fait savoir à Mariano Rajoy qu’il était son seul interlocuteur en Espagne.

Berlin refuse d’intervenir

Le gouvernement allemand a refusé mercredi d’intervenir dans le conflit catalan, qu’il qualifie de « problème interne à l’Espagne ». Berlin a toutefois réitéré son appel pour le dialogue dans le cadre de la constitution et a rappelé qu’une déclaration d’indépendance de la part des institutions catalanes « serait illégale, inacceptable et n’aurait aucune reconnaissance ».

« Tout ce qui nous importe est que l’ordre constitutionnel et l’unité de l’Espagne soient respectés et que les droits et libertés des citoyens soient garantis », a souligné Ukrike Demmer, porte-parole de l’exécutif allemand. Toutefois, « notre position n’a pas changé : cela reste une affaire interne espagnole dans laquelle nous ne souhaitons pas jouer le rôle de médiateur ».