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11/12/2016

Cameron reçoit le soutien de Merkel à la veille du sommet sur le Brexit

Avenir de l'UE

Cameron reçoit le soutien de Merkel à la veille du sommet sur le Brexit

Cameron et Merkel à Londres en 2014

La chancelière allemande Angela Merkel a apporté un soutien de poids aux demandes de réformes du Premier ministre britannique David Cameron à la veille d’un sommet européen décisif quant à l’avenir du Royaume-Uni au sein de l’UE.

« Tout comme David Cameron, je considère aussi comme nécessaire que nous, au sein de l’UE, en fassions plus sur la compétitivité, la transparence et la bureaucratie », a souligné Mme Merkel devant le Bundestag.

« Il ne s’agit pas juste des intérêts particuliers des Britanniques. (…) Bien au contraire, de nombreux points sont justifiés et compréhensibles », même sur le contentieux de la limitation des prestations sociales pour les migrants intra-européens, a-t-elle insisté.

« Il est évident que chaque pays membre doit pouvoir protéger son système social contre les abus », a estimé la chancelière, reprenant l’argument de M. Cameron pour exiger des coupes dans les aides sociales.

Levée de boucliers

Cette exigence a suscité une levée de boucliers en Europe centrale et de l’est, dont des centaines de milliers de ressortissants sont installés au Royaume-Uni, et bénéficient de ces allocations dès qu’ils ont signé un contrat de travail. Ces pays veulent que la mesure ne soit pas rétroactive.

Sous pression des eurosceptiques, David Cameron a promis un référendum sur le maintien ou non de son pays dans l’Union européenne, au risque de provoquer une nouvelle crise majeure au moment où le continent est ébranlé par une crise migratoire sans précédent.

>>Lire: Une pirouette juridique pour éviter le Brexit

Le dirigeant conservateur espère arracher un compromis lors du sommet des 28 chefs d’État et de gouvernement européens jeudi et vendredi à Bruxelles, ce qui lui permettrait d’organiser cette consultation dès le mois de juin.

Gouvernance économique et la zone euro

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a présenté le 2 février une série de propositions pour répondre aux demandes britanniques et éviter un « Brexit » (la sortie de Londres de l’UE), mais de l’immigration à la souveraineté politique, en passant par la gouvernance économique et la zone euro, les pommes de discorde n’ont pas disparu.

Depuis, les différents protagonistes, accompagnés d’une armée de juristes, ont multiplié les consultations pour rédiger un accord, qui sera très technique.

Problèmes non résolus

La gageure : concilier les exigences de M. Cameron avec des principes fondateurs de l’UE, comme la libre circulation des personnes, mais aussi limiter au maximum la possibilité que les concessions à Londres – en particulier sur les migrants européens – puissent être copiées par d’autres États membres.

« Il ne fait aucun doute qu’il y a encore du chemin à faire pour trouver un accord jeudi ou vendredi », a reconnu M. Tusk mardi, faisant état de nombreux « problèmes non résolus ».

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, se refuse néanmoins à envisager un échec. « Nous n’avons pas de plan B, nous avons un plan A. La Grande-Bretagne restera dans l’Union européenne et sera un membre constructif et actif de l’Union », a-t-il insisté.

Du côté des eurosceptiques britanniques on dénonce depuis le début « une mascarade », comme l’a formulé Nigel Farage, le chef du parti anti-immigration Ukip.

Et de fait le sommet européen, qui démarre jeudi à 16H00 GMT pourrait, selon certains diplomates, déborder sur le week-end. M. Cameron pourrait alors se targuer d’avoir arraché une victoire, « le meilleur accord possible » qu’il réclame depuis des mois. D’après les sondages, les électeurs britanniques restent très partagés.

Obstacles

Restent au moins deux obstacles à franchir. A commencer par les réserves émises par la France quant aux garanties offertes à Londres sur son statut de pays n’ayant pas adopté la monnaie unique. Celles-ci ne doivent « en aucune manière ouvrir la possibilité d’un veto » sur les décisions de la zone euro, a mis en garde mercredi un diplomate français.

Les dirigeants devront aussi trancher la question de la durée des restrictions aux aides sociales pour les Européens employés en Grande-Bretagne. Cette réforme sera spécifiée de telle façon qu’elle sera de fait limitée au système social britannique. « L’exemple britannique ne doit pas devenir contagieux », a fait valoir une source européenne. « On a taillé un costume sur mesure pour le Royaume-Uni », a renchéri un diplomate.

Si elles n’imposent pas de mofifications des traités européens dans l’immédiat, ces mesures devront être soumises au Parlement européen si les Britanniques votent contre un « Brexit ».

Contexte

Le Premier ministre britannique, David Cameron a promis de renégocier les relations de son pays avec l'Union européenne.    La renégociation sera donc suivie d'un référendum d'ici fin 2017, pour décider si, oui ou non, le Royaume-Uni reste dans l'UE.

S'il obtient les réformes souhaitées, David Cameron fera campagne pour rester dans l'UE. Dans le cas contraire, les conservateurs appelleront à une sortir de l'UE. Cette décision aurait de lourdes conséquences pour le commerce, l'investissement et la position de la Grande-Bretagne sur la scène internationale.

Certains États membres sont prêts à écouter les inquiétudes de David Cameron sur certains sujets comme l'immigration, et à faire de petites concessions pour que la Grande-Bretagne reste dans l'Union.

Néanmoins, les dirigeants européens ont écarté toute possibilité de changer les principes fondamentaux de l'UE, tels que la libre circulation des travailleurs et l'interdiction de la discrimination entre les travailleurs de différents pays de l'UE.

>> Lire : L'UE compte mener la vie dure au Royaume-Uni en cas de Brexit

Prochaines étapes

  • 18 février 2016 : Sommet européen, les exigences de David Cameron y seront discutées.
  • Juin 2016 : Date à laquelle David Cameron souhaiterait organiser le référendum.
  • Fin 2017 : Date limite choisie par David Cameron pour l'organisation du référendum.
  • Juillet-décembre 2017 : Le Royaume-Uni sera à la présidence tournante du Conseil de l'UE.