David Cameron obtiendrait des réductions du budget de l’administration

Il semblerait que le premier ministre britannique, David Cameron, obtiendrait des coupes du budget tant souhaitées de l’administration pour 2014-2020 lors de la reprise des négociations l’année prochaine, selon des fonctionnaires.

 

Aucun accord sur le prochain budget septennal (2014-2020) n'a été conclu lors du sommet européen de la semaine dernière, alors que des divergences persistent sur l'ampleur des coupes budgétaires à réaliser.

 

Des fonctionnaires de l'UE ont toutefois confirmé qu'une réduction de 500 millions d'euros du budget de l'administration serait proposée lors des dernières étapes des négociations.

 

EURACTIV a cru comprendre qu'Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen des chefs d'État et de gouvernement, reconnaissait la nécessité de s'attaquer à la perception selon laquelle les bureaucrates européens sont à l'abri des mesures d'austérité imposées à l'échelle nationale.

 

Cette proposition n'était pas à l’ordre du jour du sommet de la semaine dernière parce qu'elle sera rédigée par M. Van Rompuy dans le cadre d'une série d’ « incitations » qui sera introduite lors des dernières étapes des négociations sur le budget.

 

« Si elle avait été proposée dès le départ, elle aurait été empochée par [David] Cameron et aurait provoqué des demandes en faveur de coupes supplémentaires lors du début des prochaines négociations », selon une source proche du Conseil européen sous couvert de l'anonymat.

 

Les fonctionnaires se préparent à des coupes

 

Une source haut placée de la Commission européenne a également reconnu que les institutions se préparaient à une réduction du budget, mais a souligné qu'elle serait inférieure aux 6 milliards d'euros demandés par M. Cameron.

 

En amont du sommet de la semaine dernière, M. Cameron a demandé :

 

  • une réduction de la facture globale de l'UE de 10 % pour les fonctionnaires, ce qui permettrait d'économiser 3 milliards d'euros ;
  • une augmentation de l'âge de la retraite à 68 ans pour les fonctionnaires de l'UE de moins de 58 ans. L'âge actuel de la retraite est fixé à 63 ans. L'économie réalisée serait de 1,5 milliard d'euros ;
  • une diminution du régime de retraite de 70  à 60 % du dernier salaire d'un fonctionnaire, ce qui représenterait une économie de 1,5 milliard d'euros.

 

« Au Royaume-Uni, nous réduisons les budgets de l'administration d'un tiers et le personnel de la fonction publique de 10 % en deux ans. [Aucune de ces mesures] n'a été facile », a déclaré M. Cameron à l'issue du sommet vendredi dernier.

 

« Dans le même temps, Bruxelles continue d'exister comme si elle était dans un univers parallèle. Les institutions de l'Union européenne doivent simplement s'adapter au monde réel. La Commission n'a pas accordé un seul euro aux réductions, pas un seul, [ce qui est] insultant pour les contribuables européens. « Je ne pense pas que ce soit suffisant », a ajouté le premier ministre britannique.

 

David Cameron a joué sur le fait que 16 % des employés de la Commission gagnent plus de 123 440 euros par an et selon un article du Sunday Times publié ce week-end, 3 000 fonctionnaires gagnent plus que le premier ministre britannique. La campagne s'est fait écho de la presse britannique.

 

La campagne de M. Cameron contre les salaires des eurocrates a provoqué deux grèves plus tôt ce mois-ci qui ont rassemblé environ 4 000 membres du personnel des institutions de l'Union européenne. Ils ont affirmé qu'ils avaient déjà contribué par le biais de réductions estimées à environ 10 milliards d'euros à la suite de la réforme de 2004 sur le statut du personnel.

 

Les contributeurs nets soutiennent M. Cameron

 

Dans le même temps, certains États membres ont salué le programme de M. Cameron. L’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède sont tous en faveur d'un projet de budget allégé pour l'UE et s'opposent aux États membres de l'Europe méridionale et orientale.

 

La France, pour sa part, semble adopter une position intermédiaire. Jeudi soir (22 novembre), à l'issue du premier jour des négociations sur le budget de l'UE, le président français, François Hollande, a déclaré que Paris « n'était pas hostile à ce qu'il y ait quelques corrections » du budget de l'administration de l'UE.

 

L'Europe a de nombreuses missions et a besoin d'une administration efficace, a-t-il ajouté. M. Hollande a également indiqué qu'il défendrait le statut de Strasbourg en tant que siège des séances plénières du Parlement européen, avec Bruxelles. Le déplacement mensuel des eurodéputés coûterait environ 200 millions d'euros par an aux contribuables.

 

La première ministre danoise, Helle Thorning-Schmidt, a rejoint M. Cameron sur le fait que les membres du personnel de l'UE devraient subir des réductions dans l’administration à l'avenir.

 

« Nous devons tous comprendre que les États membres doivent réduire les coûts. Les administrations des États doivent économiser de l'argent. Il serait étrange qu'un seul organisme, la Commission européenne, ne le fasse pas » , a déclaré Mme Thorning?Schmidt au quotidien Berlingske Tidende.

 

Un membre du personnel de l'UE a déclaré à EURACTIV lors d'une des grèves qu'à l'avenir, seules les personnes de l'Europe de l'Est voudront venir travailler pour l'UE. La première ministre danoise a toutefois indiqué qu'elle ne pensait pas que moins de Danois voudraient travailler pour les institutions de l'Union européenne.

 

« Je pense que les Danois compétents auront toujours envie de travailler pour l'UE », a-t-elle déclaré.

Contexte

 

La Commission européenne a proposé un budget de 1,025 mille milliards d'euros pour la prochaine période de sept ans (2014-2020).

 

Certains chefs d'État en faveur de l'austérité souhaitent toutefois un projet de budget allégé.

 

La République de Chypre, en charge de la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne pour six mois, a proposé une réduction de la proposition de la Commission européenne de 50 milliards d'euros.

 

Une autre proposition du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, présentait des coupes de près de 80 milliards d'euros.

 

Les coupes éventuelles auraient des conséquences directes sur le personnel des institutions.

 

En 2004, les coûts de l'administration ont été réduits de quelque 10 milliards d'euros.

Prochaines étapes

  • 13-14 décembre : sommet de l'UE sur l'approfondissement de l'union économique et monétaire
  • 7-8 fév. 2013 : sommet européen

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