Juncker menace Trump de soutenir l’indépendance du Texas

Jean-Claude Juncker soutiendra le « Texit » si Donald Trump continue de soutenir le Brexit. [Gage Skidmore/Flickr]

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avertit Donald Trump qu’il soutiendra le « Texit », l’indépendance du Texas, si le président américain continue d’afficher son soutien pour le Brexit.

Si Donald Trump s’est toujours montré en faveur du Brexit, Jean-Claude Juncker a attendu le lendemain du déclenchement de l’Article 50 par Theresa May pour s’adresser au président américain à ce sujet.

Les dirigeants européens prêts pour un Brexit ordonné ou pour l’échec

Exclusif. Dans un communiqué du Conseil européen consulté par Euractiv, les États membres de l’UE regrettent que le Royaume-Uni quitte l’Union, mais se disent « prêts pour le processus qui devra désormais avancer ».

Lors de son discours au sommet du Parti populaire européen (PPE) à Malte, le président de la Commission a fermement réprimandé Donald Trump, tout en précisant que le Brexit n’était pas synonyme de disparition de l’UE.

« Le Brexit n’est pas la fin, même si beaucoup de personnes voudraient que ce soit le cas. Même de l’autre côté de l’Atlantique, où le président américain récemment élu s’est réjoui du Brexit et a invité d’autres États à emboîter le pas au Royaume-Uni. S’il continue ainsi, je vais promouvoir l’indépendance de l’Ohio et d’Austin, au Texas », a continué Jean-Claude Juncker sous les applaudissements des membres du PPE.

Les nationalistes texans, qui rêvent de prendre leur indépendance des États-Unis pour former leur propre pays, se sont inspirés du Brexit. Après l’élection de Donald Trump, certains ont encouragé un Calexit, c’est-à-dire l’indépendance de la Californie.

Ce n’est pas la première fois que Jean-Claude Juncker a un différend avec le président américain. Dans une interview avec le Financial Times au début du mois, il avertissait déjà Donald Trump qu’une implosion de l’UE pourrait entraîner une nouvelle guerre dans les Balkans occidentaux.

Le président de la Commission, qui a rencontré en février le vice-président américain, Mike Pence, à Bruxelles, a indiqué que l’enthousiasme de Donald Trump était « agaçant » et « surprenant ». Il a par ailleurs souligné que l’Europe ne devait pas céder aux exigences des États-Unis d’augmenter les dépenses militaires.

Donald Tump est attendu à Bruxelles, la ville qu’il a qualifiée de « taudis », pour assister au sommet de l’OTAN le 25 mai prochain.

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Donald Tusk critique la campagne du Brexit

Le PPE, de centre droit, est le plus grand groupe politique européen. Parmi ses membres figurent Jean-Claude Juncker, la chancelière allemande Angela Merkel et le président du Conseil européen, Donald Tusk.

C’est ce dernier qui a reçu la lettre de Theresa May déclenchant l’Article 50, marquant ainsi le début de deux ans de négociations intenses pour conclure un accord final sur le Brexit. Le 31 mars, il publiera un projet de lignes directrices pour les négociations, qui devront être approuvées par les États membres lors d’un sommet extraordinaire, le 29 avril.

Donald Tusk, qui s’est exprimé juste avant Jean-Claude Juncker à Malte, a encouragé les hommes politiques pro-européens à réutiliser des termes tels que « souveraineté », « indépendance » et « patriotisme ». « Il n’y a aucune raison que les extrémistes et les populistes aient le monopole de ces termes », a-t-il scandé.

En critiquant la campagne du référendum britannique pour quitter l’UE, Donald Tusk a expliqué: « Ces dernières années, on a fait croire aux Européens de Londres à Varsovie, d’Athènes à Helsinki, que l’intégration européenne représentait un risque pour la souveraineté nationale. Que l’UE exigeait une réduction du patriotisme, que lorsqu’on intégrait l’UE, on devait sacrifier notre souveraineté.

Que nous perdions le contrôle de notre destin puisque nous déléguions une partie de nos pouvoirs à la communauté européenne, qu’en renforçant cette communauté on affaiblissait indéniablement la communauté nationale. Les campagnes anti-UE se sont servies de ces craintes au Royaume-Uni et dans de nombreux autres pays, dans quasiment toute l’Europe. Or cette vision est à la fois insensée et dangereuse. »

D’après l’ancien Premier ministre polonais, une UE forte serait « le meilleur moyen, et peut-être le seul, de garantir la souveraineté nationale ».

Donald Tusk a ajouté que le Brexit avait rendu les 27 États membres restants plus déterminés et plus unis que jamais. « La clé de notre avenir réside dans l’unité et la souveraineté de l’Europe. »

Pour Jean-Claude Juncker, « le Brexit ne marque pas la fin de l’histoire européenne. Nous devons le considérer comme un nouveau départ. Quelque chose de plus fort, quelque chose de meilleur. »

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