La commission des Finances du Sénat épingle le budget de la Présidence française de l’UE

Après examen des crédits prévus pour la future Présidence française de l’UE au deuxième semestre 2008, la commission des Finances du Sénat a jugé que des éclaircissements étaient nécessaires. Le budget prévu fait craindre aux sénateurs un « guichet ouvert pour l’organisation d’événements ».

En bref  :

190 millions d’euros. C’est le budget prévu pour la Présidence française de l’UE en 2008 : une somme trois fois supérieure à celle dépensée par la France en 2000.

Rapporteurs spéciaux pour la mission « Direction de l’action du gouvernement », les sénateurs François Marc (PS, Finistère) et Michel Moreigne (PS, Creuse), et le sénateur Denis Badré (UC-UDF, Hauts-de-Seine), rapporteur spécial sur la contribution française au budget des Communautés européennes, ont présenté leurs conclusions sur l’élaboration du budget de la Présidence française de l’UE en 2008, mercredi 17 octobre.

S’exprimant devant la commission des Finances du Sénat, ces derniers ont jugé très élevé et trop vague le programme de dépenses décrit par le gouvernement.

Le budget prévu par la France est plus de trois fois supérieur à celui de la Présidence française de 2000 et à celui prévu par le Portugal, actuellement à la tête de l’UE.

Si la taille, et donc les capacités financières du Portugal peuvent expliquer cette différence, les 190 millions d’euros prévus par la France laissent perplexe comparés aux 115 millions dépensés par l’Allemagne et aux 90 millions alloués par l’État autrichien.

Un budget trop vague

« La présentation des crédits de la future Présidence (…) doit être notablement enrichie », a ajouté la commission des Finances du Sénat.

Le budget de 15 millions d’euros consacré à la communication demeure « trop flou », tout comme celui déstiné à la sécurité.

En outre, la liste des manifestations envisagées est « incomplète ». Les sénateurs réunis ont ainsi fait part de leur crainte d’assister à un « guichet ouvert » : la trop grande liberté laissée aux différents ministères pour organiser des manifestations pourraient leur permettre d’utiliser ce budget pour des opérations n’entrant pas véritablement dans le cadre de la Présidence.

La commission des Finances du Sénat a enfin adopté un amendement visant à rattacher le budget du Secrétariat général des affaires européennes à celui du programme de la Présidence française de l’UE.

Le projet de loi de finances pour 2008 est discuté actuellement à l’Assemblée nationale.