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29/09/2016

La France, mauvais élève de la lutte anti-corruption

Avenir de l'UE

La France, mauvais élève de la lutte anti-corruption

Selon le dernier rapport de Transparency International sur la lutte contre la corruption en Europe, le Parlement, l’exécutif et la justice sont les points faibles de la lutte contre la corruption en France.

L’un des premiers gestes de François Hollande après son élection a été de faire signer à ses ministres une charte éthique. Il en faudra toutefois beaucoup plus pour permettre à la France de devenir un modèle en terme de transparence et d’éthique en Europe. 

En effet, selon le dernier rapport de Transparency International (TI), « les règles de transparence encadrant la vie politique et économique française ne sont pas à la hauteur de celles en vigueur dans plusieurs autres pays européens ». 

 

L’ONG fait remarquer que les parlementaires français sont les seuls, avec leurs collègues slovènes, à ne pas rendre publique leurs déclarations de patrimoine et d’intérêt. Et si un registre des lobbies existe bien à l’Assemblée nationale, l’inscription est volontaire, et limite donc son efficacité. 

Constat cinglant, TI considère que « le Parlement, l’exécutif et la justice » sont les points faibles de la lutte contre la corruption. Seules les institutions financières comme la Cour des comptes et chambres régionales des comptes inversent la tendance. Les services chargés du contrôle des élections sont aussi bien notés.

Recommandations 

« La France ne fait pas partie des deux groupes d’États les plus performants. Son système national d’intégrité est situé sur le même plan que celui des Pays-Bas et de la Belgique », estime l’association. 

Les meilleurs élèves européens sont les pays scandinaves et l’Allemagne. En décembre 2011, TI a publié une série de recommandations. L’organisation suggère une meilleure sensibilisation de l’opinion publique, garantir l’indépendance des lanceurs d’alerte, instituer un contrôle des comptes des assemblées ou réformer le statut du Parquet. 

74% des Européens 

Le président de la République est aussi directement interpellé. Le rapport rappelle qu’il s’est publiquement engagé au cours de la campagne par exemple sur l’interdiction du cumul des mandats pour les parlementaires, l’allongement de la période d’inéligibilité à 10 ans pour les élus condamnés pour corruption et la publication des déclarations d’intérêts. 

Le cas français n’est pas isolé. Transparency International indique n’avoir même pas pris la peine d’étudier les cas bulgare et roumain car les institutions de ces pays « sont les moins efficaces dans leur action contre la corruption ».

Selon une enquête de la Commission européenne publiée en février 2012, 74% des Européens estiment que la corruption est un problème croissant dans leur pays.