L’europtimisme en forte hausse en France, l’effet Macron?

À l'image de leur président, les Français ont un regain d'enthousiasme sur l'Europe. [Drop of Light/Shutterstock]

Dans l’hexagone, l’optimisme face à l’UE est monté en flèche depuis l’automne dernier, selon une étude de l’eurobaromètre.

Un an après le référendum du Brexit, les Français sont plus optimistes quant à l’avenir de l’Union européenne, ont davantage confiance en elle et en ont une image plus positive. Ils sont en effet 56 % à être optimistes, soit 14 % de plus que lors de l’enquête précédente, à l’automne 2016. Il s’agit de la progression la plus marquée de toute l’Union. La campagne pro-européenne et l’enthousiasme d’Emmanuel Macron, fervent européen, semble avoir fait bougé les lignes.

En ce qui concerne l’image de l’UE en général, la France remporte à nouveau la palme de la plus belle remontée, avec 40 % de citoyens qui en ont une image positive, soit 11 % de plus que la dernière fois. Un optimisme croissant qui fait la joie de Nathalie Loiseau, la nouvelle ministre chargée des Affaires européennes :

Les politiques européennes, à l’exception notable d’éventuels élargissements dans les années à venir, sont soutenues par la population de l’Hexagone. C’est la libre-circulation des biens, des services et citoyens, également listée comme la deuxième contribution majeure à la vie des citoyens, après la paix entre États membres, qui cristallise le plus de popularité (79 %) en tant que politique.

Plus de 60 % des Français assurent se sentir Européens, mais s’estiment encore trop peu informés sur les droits que cela leur confère.

Les Français se plaignent d’être mal informés sur l’UE

Les Français restent très attachés à l’UE, mais leur confiance dans les politiques européennes recule.  Ils déplorent le manque d’information sur le sujet à la radio et la télévision.

« Un réel vent d’optimisme souffle sur l’UE. Pour que ces sentiments positifs s’installent de manière durable en France, nous comptons poursuivre nos efforts de pédagogie sur ce que l’Europe fait et apporte dans le quotidien des Français », se félicite Isabelle Jégouzo, cheffe de la Représentation en France de la Commission européenne.

Terrorisme et chômage

Dans l’ensemble de l’Europe, 44 % des répondants estiment que le terrorisme est le problème le plus important auquel doit faire face l’UE. Cette problématique est la première dans 21 États membres, alors qu’elle n’était à cette place qu’en Espagne lors du dernier sondage, à l’automne 2016. C’est en Lituanie (60 %), en République tchèque (59 %), à Chypre et à Malte (58 % chacun), des pays relativement épargnés par le terrorisme, que le sujet est le plus mis en avant par les citoyens.

L’immigration est aussi abordée par plus de quatre Européens sur dix et arrive en tête des préoccupations en Estonie (62%), en Hongrie (60%) et au Danemark (56%), pays dans lesquels il atteint les proportions les plus élevées, mais également en Allemagne, aux Pays-Bas, en Autriche et en Suède. Un seul pays n’intègre pas la question aux trois sujets les plus inquiétants : le Portugal.

L’immigration, première peur des citoyens européens

Selon une étude publiée in juillet par la Commission, l’immigration est désormais la principale préoccupation des citoyens européens, devant les questions économiques et le chômage.

En France, le problème principal est cependant identifié comme le chômage (29 %), bien que le chiffre soit en baisse par rapport aux années précédentes. Le chômage n’intervient qu’en cinquième place au niveau européen. Deuxième préoccupation des Français : l’immigration, bien que le sujet semble de moins en moins inquiéter. Il est ainsi passé de 36 % à l’automne 2015 à 26 % à l’automne 2016, puis à 22 % aujourd’hui.

Intervient ensuite le système de santé et de sécurité sociale (20 %, en hausse de 2 %), puis enfin, le quatrième place, le terrorisme (19 %, en hausse de cinq points)

Principales préoccupations au niveau national pour la France. [Eurobaromètre] [Eurobaromètre]