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30/09/2016

L’OTAN part à la chasse aux trafics en mer Egée

Avenir de l'UE

L’OTAN part à la chasse aux trafics en mer Egée

Officier de la marine américaine en Méditerranée.

[6th Fleet/Flickr]

Nikos Xydákis, ministre adjoint des Affaires étrangères grec, se félicite du lancement d’une opération de l’OTAN en mer Égée, qui permettra de lutter contre les passeurs. Un article d’EurActiv Grèce.

L’Allemagne, la Turquie et la Grèce ont récemment accepté qu’une mission de l’OTAN soit envoyée en mer Égée, afin de lutter contre les passeurs.

Dans le cadre de la crise des réfugiés, les États membres devraient se serrer les coudes pour trouver des solutions correspondant aux outils politiques et aux décisions prises par les institutions, estime Nikos Xydákis.

« Nous devons trouver une solution avec la Turquie, tout en utilisant les services de l’OTAN, qui ont été demandés par l’Allemagne, la Grèce et la Turquie », a-t-il précisé. L’autre possibilité étant de « se tourner vers des solutions nationales et s’approcher un peu plus de la fin de l’Europe ».

>> Lire : Erdogan menace l’Europe de lui envoyer les migrants

L’inaction de la Hongrie

Nikos Xydákis a par ailleurs exprimé son mécontentement à l’égard de la Hongrie. Budapest semble en effet tenter de pousser la Grèce hors de l’espace Schengen, en encourageant la construction de murs à ses frontières sans pour autant faire quoi que ce soit pour aider Athènes à gérer la crise qui la frappe de plein fouet.

« La Hongrie a envoyé quatre personnes pour collaborer avec Frontex et une au Bureau européen d’appui en matière d’asile. Elle n’a pas de bateau ni de marine et n’a que des frontières terrestres. Que peut-elle savoir de la protection des frontières maritimes ? », se plaint le ministre adjoint.

>> Lire : Pour les réfugiés, «la Hongrie n’a rien donné, pas même une couverture»

Nikos Xydákis ajoute que l’Allemagne a au contraire soutenu la Grèce dès le début de cette épreuve. « Berlin nous a expliqué avoir quatre bateaux de garde-côte en mer du Nord et ne pas pouvoir nous envoyer d’équipement maritime, mais a promis toute autre forme d’aide. Et elle tient cette promesse », a-t-il assuré.

Le 17 février, des chercheurs ont estimé que l’opération de l’OTAN permettrait également d’évaluer les actions lancées contre les passeurs par le gouvernement turc.

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L’OTAN débarque en mer Égée

« Nous savons que l’assistance militaire de l’OTAN sera un moyen de dissuasion. L’organisation ne pourra pas faire de sauvetage, mais pourra récolter des informations et porter un coup dur aux passeurs », indique le ministre adjoint.

Les opérations de l’OTAN se dérouleront le long des côtes turques. « La Turquie est membre de l’OTAN et cette opération devrait donc se solder par un résultat positif. Nous devons démanteler les réseaux de passeurs », explique Nikos Xydákis.

Il souligne néanmoins que l’UE est bien consciente que ces réseaux n’ont pas été créés pour les réfugiés. « Les organisations criminelles qui les gèrent utilisaient déjà ces réseaux, infrastructures, routes maritimes et terrestres pour transporter des armes, de la drogue, des cigarettes, et d’éventuels migrants de l’autre côté de la Méditerranée », précise-t-il.

Le représentant grec a également tenu à préciser que l’Europe avait une longue tradition d’accueil des migrants, et que de grands États membres comme l’Allemagne, la France ou la Belgique avaient intégré des millions d’étrangers.

« Ces 25 dernières années, la Grèce a intégré 1,5 million de personnes originaires d’Europe de l’Est, d’Afrique et d’Asie », indique-t-il, avant de remonter plus loin : « la fin de la guerre froide a amené des millions d’habitants des pays de l’Est à s’installer dans d’autres pays européens. Ces pays sont mal placés pour adopter une attitude raciste. »

« L’Europe subira-t-elle un effondrement politique parce que certains Européens ne comprennent pas que nous sommes face à un problème énorme, qui risque de se transformer en menace asymétrique ? », se demande-t-il.

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