Rajoy déterminé à suspendre l’autonomie de la Catalogne

Le gouvernement espagnol a constaté jeudi le refus du président régional catalan, Carles Puigdemont, de répondre à la demande de restituer l’ordre constitutionnel. Il se dit décidé à prendre des mesures légales pour revenir à la légalité. Un article d’Euroefe.

Selon des sources du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy serait prêt à suspendre l’autonomie de la Catalogne suite à la lettre de Carles Puigdemont reçue le 19 octobre, dans laquelle celui-ci indique à Mariano Rajoy que « s’il persiste à empêcher le dialogue et poursuivre la répression, le Parlement de Catalogne pourra procéder, s’il l’estime opportun, au vote d’une déclaration formelle d’indépendance ».

Le gouvernement de Mariano Rajoy va invoquer l’article 155 de la Constitution, qui permet au cabinet espagnol d’assumer directement les compétences exercées jusqu’à présent par l’administration catalane, afin de revenir sur la voie de la légalité.

L’exécutif a annoncé que le Conseil des ministres se réunira le samedi 21 octobre pour approuver les mesures constitutionnelles destinées à « protéger l’intérêt général des Espagnols, y compris des citoyens catalans, et à restaurer l’ordre constitutionnel de la communauté autonome ».

En 39 ans, c’est la première fois que l’article 155 est invoqué depuis l’adoption de la constitution espagnole de 1978.

Dialogue

Dans sa lettre, Carles Puigdemont soutient qu’il déclarera l’indépendance « qu’il n’a pas votée le 10 octobre » si le gouvernement central continue d’empêcher le dialogue et poursuit la répression.

Deux dirigeants indépendantistes catalans en détention préventive

Contrairement au chef de la police catalane, les deux représentants des plus importantes associations indépendantistes ont été mis en détention préventive pour sédition. C’est ce qu’a décidé lundi une juge espagnole en raison de leur rôle dans les manifestations du 20 septembre. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Lundi dernier, le président catalan avait déjà envoyé une première réponse à la demande de Mariano Rajoy, dans laquelle il ne précisait pas s’il avait proclamé l’indépendance, mais proposait d’ouvrir une période de deux mois pour dialoguer. Carles Puigdemont avait jusqu’à aujourd’hui 10h pour éclaircir les doutes du gouvernement central, qui a décidé de poursuivre sur la voie de l’article 155.

Dans sa nouvelle lettre, qui est arrivée à la Moncloa quelques minutes avant 10h00, Carles Puigdemont reconnaît explicitement qu’il n’a pas voté la déclaration d’indépendance le 10 octobre dernier lors de sa comparution devant le parlement catalan et rappelle que la « suspension est toujours en vigueur ». Il ajoute toutefois que « malgré tous les efforts et notre volonté de dialoguer, le fait que la seule réponse de Madrid soit la suspension de l’autonomie indique qu’elle n’est pas consciente du problème et qu’elle ne veut pas parler ».

Carles Puigdemont commence sa lettre en rappelant que lors du référendum du 1er octobre dernier, un « large pourcentage d’électeurs catalans a décidé l’indépendance ». Un pourcentage « supérieur à celui qui a permis au Royaume-Uni d’initier le processus du Brexit ».

Selon lui, le « oui » à une république indépendante l’a emporté à 90 % avec 43 % de participation et Carles Puigdemont considère que cela confère à son parlement un « mandat populaire » pour déclarer l’indépendance, qu’il a immédiatement suspendu le 10 octobre.

« J’ai fait cela pour faciliter le dialogue […] Dans ma lettre de lundi, j’ai proposé une réunion qui n’a toujours pas été organisée », affirme le président catalan.

Puigdemont continue d’appeler au dialogue

Le dirigeant de la Catalogne a demandé de rencontrer le Premier ministre espagnol afin de renouer le dialogue.

Élections anticipées

Le gouvernement et le parti socialistes (PSOE) se sont réunis ce jeudi pour décider des mesures qui seront approuvées par le conseil des ministres samedi puis transmises au Sénat.

La veille, le 18 octobre, Pedro Sánchez, le secrétaire général du PSOE, se trouvait à Bruxelles où il a déclaré que « la législature en Catalogne, si elle a commencé un jour, est épuisée ». Selon lui, « la seule manière de résoudre la crise d’un point de vue politique est « d’avancer les élections ».

Pedro Sánchez a rencontré à Bruxelles divers responsables socialistes européens, ainsi que le président du Parlement, Antonio Tajani et celui de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Le chef de file du PSOE a transmis à Bruxelles la nécessité de « défendre la cause européenne en Catalogne et de régler la crise politique par des voies et des canaux institutionnels », avant de rappeler que l’obligation de Carles Puigdemont était « d’être le président de tous les Catalans, de ceux qui partagent ses idées, et de ceux qui s’y opposent ».

Qui est Carles Puigdemont, l'homme qui défie l'Espagne ?

Le président de l’exécutif catalan Carles Puigdemont s’exprime devant le parlement régional ce mardi au sujet du résultat du référendum controversé sur l’indépendance de la Catalogne. Un discours à haut risque pour l’Espagne. Un article de notre partenaire Ouest-France.