Juncker concentrera son état de l’Union sur sa vision d’avenir pour l’UE

Jean-Claude Juncker s'apprête à livre un état de l'Union tourné vers l'avenir.

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, fera son discours annuel sur l’état de l’Union lors de la séance plénière du Parlement le 13 septembre à Strasbourg.

Le discours de l’état de l’Union présentera quelques nouvelles initiatives, mais elles ne constitueront pas le cœur de son allocution devant les eurodéputés, ont expliqué des représentants européens à Euractiv.

« Ce n’est pas quelqu’un qui se concentre sur son héritage, ce qu’il veut laisser, c’est une vision pour le bloc », a assuré un proche de Jean-Claude Juncker.

La saison politique qui s’ouvre sur cet état de l’Union est presque la dernière chance pour le président de la Commission de laisser sa marque sur l’UE, après plus de deux décennies au cœur du processus décisionnel de l’Union.

Ce discours sera aussi le point culminant d’un processus de réflexion sur l’avenir de l’Europe lancé en mars. C’est pourquoi la clé de l’intervention sera l’explication de sa vision sur l’avenir du projet européen, et non ses propositions spécifiques.

Des fonctionnaires européens ont indiqué s’attendre à un nombre d’annonces important dans le discours, mais que Jean-Claude Juncker était celui qui déciderait in fine des sujets abordés.

Le programme de travail de la Commission pour 2018 compte un nombre important de propositions, notamment sur le commerce et la cybersécurité.

Juncker motivé pour de nouveaux accords commerciaux

Le président de la Commission souhaite négocier de nouveaux accords de libre-échange. Des propositions sur l’encadrement des investissements étrangers feront aussi partie de son discours sur l’état de l’Union.

Jean-Claude Juncker prévoit cependant de se concentrer sur ses choix personnels pour l’avenir de l’Europe, avec un ajout aux cinq scénarios qu’il a présentés en mars. « Nous n’avons pas présenté [le sixième scénario] parce que si nous l’avions proposé, il aurait été tué dans l’œuf », a-t-il expliqué aux diplomates des États membres la semaine dernière.

Ce sixième scénario n’est cependant pas encore tout à fait finalisé. Après avoir laissé les directions-générales en construire la base, Jean-Claude Juncker a sondé le terrain avec les commissaires la semaine dernière.

Durant la réunion du collège, il a demandé aux commissaires de lui dire quelles étaient les deux ou trois questions dominant le débat public dans leurs pays respectifs.

Juncker luttera pour «plus d'Europe» après le Brexit

Après le Brexit, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, œuvrera en faveur d’un renforcement du projet européen plutôt que pour un modèle à deux vitesses.

Les tensions avec la Pologne sur l’état de droit et la Turquie sont deux sujets revenant le plus souvent, a indiqué une source présente à la réunion. Des questions nationales ont également été abordées. Miguel Arias Cañete, le commissaire espagnol, a notamment mentionné le référendum d’indépendance de la Catalogne qui devrait avoir lieu le 1er octobre.

La réunion n’avait pas été très préparée et s’est donc révélée être l’une des plus intéressantes de la rentrée européenne et les commissaires se sont exprimés librement sur l’état d’esprit de leurs citoyens.

Jean-Claude Juncker a ensuite tendu la main aux capitales. Selon son équipe, il aurait été en contact avec plusieurs dirigeants européens pour discuter de son discours de l’État de l’union et de l’avenir qu’ils envisagent pour l’Europe. Parmi les dirigeants consultés, on compte Angela Merkel, la chancelière allemande, Emmanuel Macron, le président français, Robert Fico, le Premier ministre slovaque, et Charles Michel, le Premier ministre belge.

Le président de la Commission et Martin Selmayr, son chef de cabinet, se sont également entretenus avec les ambassadeurs du Coreper 1 et 2, des cercles de représentants des États membres au Conseil. Ces réunions confirment une activité diplomatique intensifiée à l’approche de son discours.

En parallèle, Jean-Claude Juncker a également consulté les leaders de plusieurs groupes politiques du Parlement européen et se rendra à la conférence des présidents le 8 septembre.

À Strasbourg, il devra cependant faire face à plus de détracteurs que d’alliés. Le groupe socialiste (S&D), qui avait soutenu sa nomination à la présidence de la Commission, a en effet rompu son alliance avec le Parti populaire européen (PPE).

Les tensions actuelles entre Bruxelles d’un côté et la Pologne et la Hongrie de l’autre, ainsi que la lenteur des négociations du Brexit, pourraient aussi entrainer des critiques de la part des partis au pouvoir dans ces pays.

Le mécontentement est même présent au sein de la Commission. Certains fonctionnaires ont en effet exprimé de la frustration face au manque de clarté et d’orientation qui se dégagera, selon eux, du discours du 13 septembre.

Un représentant européen a cependant rappelé que si l’état de l’union est un élément important de l’année politique, peut-être encore davantage que le programme de travail, Jean-Claude Juncker n’a pas besoin de l’approbation de son collège de commissaire.

Les négociations du Brexit prennent du retard

Michel Barnier estime que les deux camps sont encore « loin » d’avoir réalisé des progrès suffisants pour lancer les discussions sur la future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l’UE après le Brexit.