Fact-check: la Catalogne est-elle victime d’un coup d’État?

Alors que des milliers de Catalans se rassemblent pour manifester à Bruxelles, Euractiv fact-checke le discours du président déchu de la Catalogne, Carles Puigdemont.

Selon Carles Puigdemont, Madrid serait en train de se livrer à un véritable « coup d’état » en mettant la Catalogne sous tutelle suite au référendum sur l’indépendance du 1er octobre.

Cette affirmation est reprise par les indépendantistes de tous bords – espagnols ou étrangers – qui appellent à respecter la volonté du peuple, exprimée dans les urnes lors de ce scrutin qui a recueilli 92% pour le « oui ».

Mais le Président Catalan oublie de mentionner que seulement 43% des inscrits ont participé au vote. Il se garde bien également de rappeler qu’il n’y avait pas de taux de participation minimum pour valider le scrutin, ce qui relativise la portée de ce score.

Les observateurs internationaux n’ont d’ailleurs pas reconnu la validité du référendum, qui a été déclaré illégal par la cour constitutionnelle avant même que le scrutin ait eu lieu.

En organisant un référendum sur l’indépendance, Puigdemont affirme également représenter la volonté du peuple Catalan qui l’a élu il y a deux ans.

Or, en réalité, c’est faux. En effet, près de 52% des électeurs ont voté pour des partis opposés à l’indépendance lors de ce scrutin. C’est en fait grâce au jeu des alliances politique que les différents partis indépendantistes ont obtenu une courte majorité au parlement Catalan.

Dans ce contexte, accuser Madrid de tenter un coup d’état en Catalogne semble pour le moins exagéré.  En fait, si une tentative de « coup d’état » a bien eu lieu en Espagne, c’est bien M. Puigdemont qui en est à l’origine.