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29/07/2016

30 villes européennes s’emparent du sujet climatique à Paris

Climat & Environnement

30 villes européennes s’emparent du sujet climatique à Paris

Les maires des villes européennes autour d'Anne Hidalgo, maire de Paris © Mairie de Paris/Henri Guarat

Les maires des grandes villes européennes se sont retrouvé à Paris jeudi 26 mars pour lancer un appel sur le climat. Et partager leurs expériences sur la ville de demain.

Les représentants d’une trentaine de villes européennes se sont réunis jeudi à Paris pour un mini-sommet climat. « C’est comme si vous aviez fait la COP21 avant l’heure » a remercié François Hollande, venu inciter les participants à « mobiliser encore plus » sur les questions climatiques.

Les maires des grandes villes européennes présents se sont engagés à réaliser une série d’actions pour le climat au travers d’une déclaration commune Au total, 6000 villes européennes se sont engagées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, et quelques-unes d’entre elles prévoient d’être « neutre » en CO2 d’ici 2050.

Le président a salué la présente du commissaire européen au climat, l’espagnol Miguel Canete, en soulignant que l’Europe montrait l’exemple.

« Ce n’est pas l’Europe qui fait pression sur le monde c’est l’Europe qui doit être en avance sur le monde » a assuré le président, en soulignant que le Vieux Continent avait sa part de responsabilité dans le réchauffement climatique. « Nous savons ce que nous avons pu prélever sur la planète » a reconnu le président, avant d’alerter sur le fait que l’accord pour la COP21 « sera difficile ».

La commande publique en première ligne

Le président a aussi rappelé l’urgence de traduire en droit français la directive sur les marchés publics adoptée en 2014, qui impose des contraintes environnementales aux services publics passant des contrats.

>>Le Parlement européen impose de nouveaux critères aux marchés publics

Cette directive n’est pas encore transcrite en droit français, même si le processus devrait s’accélérer avant la COP21.

La ville de Hambourg, en Allemagne, représentée par Jutte Blankau, a assuré qu’elle avait anticipé cette directive en choisissant dès 2013 d’appliquer des critères climatiques dans les conditions des marchés publics qu’elle passe.

 « Ce beau rassemblement qui a dépassé les clivages politiques habituels nous a permis de prendre ensemble plusieurs engagements très significatifs, notamment en faveur de commandes publiques qui nous concernent tous » a ajouté Anne Hidalgo, la maire de Paris.

Les commandes publiques des grandes villes européennes représentent un montant de près de 10 milliards d’euros. Les villes de Paris, Bruxelles et Rome ont de leur côté décidé de passer des commandes publiques communes pour réduire leurs coûts. Le premier marché public commun concernera l’approvisionnement des trois villes en électricité verte. Les villes achèteront également en commun des véhicules électriques : petits utilitaires et camions-poubelle. «? L’achat de lots d’électricité verte sera lancé dans quelques semaines, mais les autres appels d’offres prendront quelques mois, car les services techniques ont besoin de plus de temps pour faire converger leurs besoins? », a expliqué Patrick Klugman, l’adjoint d’Anne Hidalgo, aux Échos.

Les villes du Nord en avance côté climat

Les villes du Nord de l’Europe ont clairement montré leur avance en matière d’investissement contre le changement climatique, affichant le plus souvent des objectifs ambitieux.  Les villes de Berlin, Copenhague et Amsterdam partagent ainsi l’objectif d’une neutralité de leurs émissions de CO2 d’ici 2050. « En tant que maires de villes européennes nous devons nous exprimer de la même voix. Cette idée d’établir un dialogue est importante. Nous pouvons aller du pire vers quelque chose de meilleur » a assuré Christian Gaebler, secrétaire aux transports et à l’environnement de la ville de Berlin.

Si les objectifs affichés sont les mêmes, les moyens employés peuvent en revanche diverger. Ainsi

Samni Kanaan, le maire de Genève a-t-il indiqué qu’en plus d’éviter toute consommation d’énergie fossile, la ville de Genève se fixait comme objectif d’utiliser aucune énergie d’origine nucléaire en 2050. « La Suisse est une région prospère, nous devons donner l’exemple. Nous avons un débat difficile sur la sortie du nucléaire, j’espère qu’il prendra la bonne direction » a assuré le maire suisse.

Des expériences d’efficacité énergétique d’une grande variété

D’autres villes ont souligné des expériences originales. À Lisbonne, le maire Antonio Costa a rappelé m’importance de la mobilisation des villes pour « faire changer de cap à l’industrie et à toute l’économie. « Tout le monde connait la lumière à Lisbonne, c’est la ville blanche ! Mais c’est une ressource importante, la lumière. Nous pourrons dans le futur satisfaire 40 % de nos besoins avec le solaire » a précisé le maire.

Il a aussi évoqué le projet de conversion de l’énergie cinétique transmise par le passage des voitures sur le pavage en électricité, une idée qui attire la convoitise de plusieurs villes européennes.

En France, Alain Juppé à évoqué le projet d’hydroliennes qui devraient être mises en place sur la Garonne, pour récupérer l’énergie du courant fluvial. Le maire de Bordeaux avait lancé, fin janvier, l’appel de Bordeaux pour le climat, dans lequel plusieurs collectivités locales demandaient de « répondre à l’urgence du défi lié au dérèglement climatique ».

La maire de Paris a aussi profité du sommet pour proposer de s’engager à remplacer les sacs plastiques par des sacs biodégradables. Un projet déjà largement débattu à Bruxelles, qui ne fait pas encore l’unanimité au sein des pays européens, ni au sein des ONG sur l’environnement. Les sacs biodégradables ne le sont vraiment que s’ils sont collectés puis placés dans un compost adéquat.

>>Lire La France se veut plus écolo que Bruxelles sur les sacs plastiques

Contexte

Les négociations sur le changement climatique ont démarré en 1992, et sont marquées par une conférence internationale annuelle appelée Conférence des Parties, ou COP.

Après la COP 19 à Varsovie fin novembre 2013, le Pérou s'est chargé de la 20ième conférence, à Lima, en décembre 2014.

Paris organise la 21ième conférence, au Bourget, début décembre 2015, une conférence qui revêt une importance particulière. Comme à Copenhague en 2009, les Etats doivent trouver un accord pour donner suite au protocole de Kyoto, dont l'objet était de réduire les émissions de CO2 entre 2008 et 2012. L'enjeu est donc de trouver un cadre juridique contraignant ou non.