EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

26/08/2016

700 villes s’engagent vers le tout renouvelable en 2050

Climat & Environnement

700 villes s’engagent vers le tout renouvelable en 2050

Plus de 700 maires venu du monde entier se sont réunie à Paris en marge de la COP 21

|Mairie de Paris]

Alors que les négociations entre pays piétinent quelque peu à la COP 21, les maires de 700 villes se sont engagés le 4 décembre à atteindre 100 % d’énergies renouvelables en 2050. 

Après une première semaine de négociation difficile, la COP 21 a connu une avancée significative… du côté des élus locaux.

Rassemblés en marge de la grande messe du Bourget à l’Hôtel de ville de Paris, 700 élus de villes des cinq continents se sont engagés le 4 décembre en faveur d’objectifs plus ambitieux que ceux de l’accord de Paris.

Le message est clair. Les villes, responsables d’environ 70 % des émissions de gaz à effet de serre, souhaitent faire davantage pour la lutte contre le réchauffement climatique que les engagements présentés par leurs gouvernements nationaux.

>>Lire : Les territoires accentuent la pression sur les négociations climatiques

« La moitié des solutions, la moitié du chemin pour résoudre ces problèmes de changement climatique dépend de l’action des maires » a affirmé Anne Hidalgo, la maire de la capitale française. « Les villes sont de formidables gisements de solutions !» a-t-elle rappelé.

 « D’ici 2050, il y aura 10 milliards d’habitants, dont la majorité vivra dans des villes. Si cette croissance urbaine n’est pas maitrisée […]il y aura une dégradation du climat » a prévenu le président François Hollande, lors d’un discours d’ouverture.

Appel chiffré

L’ensemble des représentants locaux présent s’est engagé à l’issu de ce sommet des élus locaux pour le climat à « dépasser [les] objectifs de l’Accord de Paris 2015 négocié lors la COP 21 ». Un appel chiffré, puisque l’effort supplémentaire est estimé à 3,7 gigatonnes de CO2.

L’ensemble des contributions nationales remises par les gouvernements permettrait de limiter le réchauffement climatique à environ 3 °C. Une performance très éloignée de l’objectif de la COP 21 de limiter ce réchauffement à 2 °C maximum.

Un seuil au-delà duquel les scientifiques estiment que les effets du changement climatique seront irréversibles. Ce degré d’écart représente un gap de plusieurs gigatonnes de CO2, que les villes proposent de combler en partie.

>>Lire : La COP21 à 10 gigatonnes de CO2 de son objectif

Concrètement, les maires se sont engagés à réduire de 3,7 gigatonnes les émissions annuelles de CO2 dans les zones urbaines d’ici 2030. Un effort qui permettrait de réduire de 30 % l’écart entre les engagements nationaux et l’objectif de limiter la hausse des températures à +2°C.

« 700 maires de villes du monde entier montrent la voie avec un cap vers 100 % d’énergies renouvelables pour 2050. Aux États maintenant d’entendre les collectivités et d’intégrer le même objectif dans l’accord qui sortira de la COP21 »s’est félicité Anne Bringault, en charge de la transition énergétique au CLER et au Réseau Action Climat.

Parmi les autres objectifs des maires figurent également la transition vers une énergie 100 % renouvelable, ou une réduction de 80 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050.

>>Lire : Paris pousse les villes du monde à contribuer au Fonds vert

Des objectifs que certaines villes, parfois directement menacée par les effets du réchauffement climatique ont d’ores et déjà intégrés dans leur plan de développement climat.

« Si nous ne faisons pas les choses correctement, la ville de Nouvelle Orléans n’existera plus d’ici 100 ans » a affirmé Mitch Landireu, maire de la plus grande ville de Louisiane.

« Nous voyons que l’océan et la montée des eaux attaquent les portes de notre cité », a expliqué le Maire de Vancouver, Gregor Robertson. À l’instar d’autres villes côtières dans le monde, Vancouver, située sur la côte est du Canada, commence à souffrir très directement de la montée des eaux. Et les récentes projections effectuées le think-tank Climate Central laissent entrevoir l’engloutissement d’une partie de la ville en cas de réchauffement dépassant les 2 °C.

>>Lire : Bruxelles Naples et Bordeaux sous l’eau si le climat se réchauffe de 4 °

Face à ces menaces directes le maire de Vancouver a mis en place un plan climat ambitieux qui table notamment sur un objectif de 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2050, élaboré en concertation avec la population. « 35 000 personnes ont participé à ce projet » s’est félicité le maire. 

mbed]

[/embed]

Plus d'information