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01/10/2016

A l’Est, les fonds européens passent à côté de la transition énergétique

Climat & Environnement

A l’Est, les fonds européens passent à côté de la transition énergétique

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[Shutterstock/ Ranglen]

Abondés par les financements de l’Union européenne, les pays d’Europe de l’Est et d’Europe centrale ne les emploient que rarement à des solutions de transition énergétique, dénonce un rapport. Un article de notre partenaire le Journal de l’Environnement.

Selon un rapport publié mardi 26 janvier par les Amis de la Terre Europe, seuls 7% des 178 milliards affectés à neuf pays de l’Europe de l’est et de l’Europe centrale sont orientés vers les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les « smart grids ».

Le rapport couvre à la fois l’affectation du Fonds européen de développement régional (Feder) ainsi que du Fonds de cohésion pour la période 2014-2020 en Pologne, Estonie, Lituanie, Lettonie, Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Croatie et République tchèque.

Considérations climatiques

Requise par l’UE, « l’intégration de considérations climatiques dans l’ensemble des plans et des projets demeure de surface », estiment Les Amis de la Terre Europe.

Le Fonds de cohésion, le Fonds social européen et le Feder sont les principaux outils de soutien aux investissements dans les infrastructures en Europe. Sur la période 2014-20, ils s’élèvent à 351 milliards d’euros répartis entre les 28 États membres.

Dans les faits, la plupart de ces fonds sont affectés au charbon, au gaz et à des transports polluants, « enfermant ces pays dans la dépendance aux énergies fossiles, au détriment des renouvelables et de l’efficacité énergétique », juge Markus Trilling, spécialiste des financements européens au sein de l’association.

De nouvelles chaudières à charbon

Parmi les divers exemples cités, ceux de la Pologne et de la République tchèque, qui financent le remplacement des vieilles chaudières à charbon par de plus récentes, sous prétexte de mieux protéger l’environnement.

Ou encore ceux de la Croatie et de l’Estonie, qui emploient les fonds européens pour des extensions d’aéroports, projets auxquels ils ne devraient pas être affectés.

Selon le rapport, « les infrastructures d’énergie et de transport construites maintenant détermineront les motifs de consommation et de production, dont les émissions de gaz à effet de serre, pour les prochaines décennies. [Ces pays] empêchent les investisseurs publics et privés de s’assurer de la sécurité de leurs investissements » dans la transition énergétique, déplore l’association.

Selon elle, l’UE doit veiller avec plus d’attention à l’emploi de ses fonds, pour s’assurer que les projets soient bien compatibles avec ses objectifs d’atténuation. Et ce en coupant les vivres à tout projet revenant à financer, directement ou non, les énergies fossiles.