À la COP21, les villes et les régions se démarquent

Markku Markkula [Open Days/ Flickr]

Les dirigeants locaux apportent des résultats tangibles sur les questions climatiques et sont plus ambitieux que leurs homologues nationaux sur les questions climatiques, a affirmé Markku Markkula, le président du Comité des régions. 

Il a salué la « mondialisation » de la Convention des Maires, une initiative de l’UE qui regroupe les dirigeants municipaux dans la lutte contre le changement climatique.

Le modèle, qu’il a opposé aux efforts internationaux, est en train de s’étendre pour inclure des villes non européennes partout dans le monde.

« Les propositions actuelles manquent de mordant et ne seront pas suffisantes », a-t-il déclaré. « Or, nous avons tous une responsabilité collective dans la lutte contre le changement climatique. »

Le projet d’accord de la COP21 devrait reposer sur un système d’évaluation régulière plutôt que sur des lois juridiquement contraignantes.

Markku Markkula a ainsi fait référence au rapport de la CCNUCC qui indique que les propositions actuelles ne limiteront la hausse des températures qu’à deux degrés, ce qui aura quand même des répercussions importantes sur la planète.

Le vice-président de la Commission, Maroš Sef?ovi? et Markku Markkula ont tous deux appelé les gouvernements locaux et régionaux du monde entier à se joindre à la Convention. Les signataires s’engagent à réduire d’au moins 40 % les émissions de carbone d’ici à 2030, par rapport au niveau des années 1990. En octobre 2014, les dirigeants européens se sont accordés sur un objectif 2030 d’au moins 40 % pour toutes les émissions de gaz à effet de serre, par rapport au niveau de 1990.

« La Convention des Maires […] apporte des résultats et dépasse l’ambition nationale. Elle permet d’œuvrer ensemble et de mettre les ressources en commun. La mondialisation de la Convention des Maires est une bonne nouvelle pour la justice climatique et pour le développement durable », a déclaré Markku Markkula à Paris.

Maroš Sef?ovi? a quant à lui affirmé que la Convention mondialisée, qui fait avancer la politique énergétique et environnementale de l’UE malgré, dans certains cas, l’opposition nationale, aurait le soutien de la Commission.

« Pour l’instant, la Convention des Maires s’est avérée être une véritable réussite, et nous devons poursuivre sur cette voie-là. Nous voulons renforcer ce réseau et le transformer en un mouvement mondial, basé sur une vision partagée sur le long terme », a-t-il déclaré.

Aller plus loin

« Ce sont les villes qui s’attaquent au changement climatique le plus efficacement […] les dirigeants locaux prennent des initiatives locales pour établir les modalités de l’action pour le climat et tracent ainsi leur propre chemin vers un avenir plus durable », a déclaré James Nxumalo, vice-président de l’ICLEI, une association pour les initiatives environnementales locales, et maire de Durban, en Afrique du Sud.

Jonathan Mueke, gouverneur adjoint de Nairobi au Kenya, a invité l’UE à établir un secrétariat dans sa ville et a promis de faire de Nairobi un modèle africain de développement durable et d’énergie verte.

Après avoir décrit la législation locale qui impose à tous les nouveaux bâtiments d’être équipés d’énergie solaire pour l’eau chaude, Jonathan Mueke a déclaré que la Convention des Maires serait particulièrement utile pour comparer et échanger les bonnes pratiques en Afrique.

La Convention a été fondée en 2008 pour atteindre et surpasser les objectifs climat et énergie de l’UE. Elle compte désormais 6 500 villes et régions et a récemment été modifiée pour inclure des mesures d’adaptation au climat.

La nouvelle stratégie comprend désormais la promesse des villes de s’adapter, mais aussi de chercher à atténuer les effets du changement climatique.

Le Comité des régions a fortement soutenu la Convention des Maires. Markku Markkula a demandé à ce que le rôle des villes et des régions soit inscrit dans l’accord final de la COP21.Les négociateurs ont jusqu’au 11 décembre pour sceller l’accord. Une nouvelle version du texte a été présentée le mercredi 9 décembre.

>> Lire : Markku Markkula : « sans l’action des villes, la COP 21 sera un échec »

La « mondialisation » de la Convention a aussi été accueillie par les organisations non gouvernementales, qui n’ont pas hésité à qualifier l’action des autorités locales de temps fort de la COP21.

« La Convention des Maires montre que les villes jouent un rôle important dans le changement climatique et souligne la nécessité à tous les niveaux de gouvernement, d’entreprises et de communautés, de travailler ensemble pour se diriger vers l’objectif de 1,5 degré », a déclaré David Miller, président de WWF-Canada.

Lors d’une conférence de presse avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), le commissaire au climat, Miguel Arias Cañete a été interrogé sur l’objectif de 1,5 degré. Après avoir annoncé un accord contraignant et ambitieux avec les pays de l’ACP, le commissaire a répondu que la question était en cours de discussion, mais que l’UE était « ouverte » à l’idée.

Contexte

Les négociations sur le changement climatique ont commencé en 1992. Tous les ans, l’ONU organise une conférence internationale sur le changement climatique appelée la Conférence des Parties, ou COP.

Paris organise la 21ème conférence en décembre 2015. Les États participants doivent y conclure un accord pour remplacer le protocole de Kyoto, dont le but était de réduire les émissions de CO2 entre 2008 et 2012.

La Convention des Maires, une initiative lancée par la Commission européenne, a établi que les villes doivent contribuer à la lutte contre le changement climatique, étant donné que 80 % du CO2 émis provient des zones urbaines.

Plus de 5 000 villes et régions européennes sont signataires de cette convention et ont offert de réduire leurs émissions de carbone de plus de 20 % d’ici 2020.

Les maires et autorités locales participantes se sont ainsi engagés à mettre sur pied des plans d’action pour la production d’énergie durable. Ces plans d’action devront expliquer en détail comment les localités entendent atteindre l’objectif de plus de 20 %, à la fois dans le secteur privé et public. Les maires devront ensuite faire le point sur leurs progrès tous les deux ans, au moins.

Par ailleurs, des localités européennes se sont regroupées autour du projet Energy Cities, qui se définit comme « le groupement européen des collectivités en transition énergétique ». Selon une récente analyse du magazine The Economist, un tiers des villes dans le monde seraient affectées par les effets du changement climatique d’ici 2025.

Les villes comptent également une quantité disproportionnée d'éclairages de rues et de bâtiments. Elles représentent plus de 70 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et pourraient jouer un rôle charnière dans la réduction des émissions et dans la limitation de leurs répercussions.

Prochaines étapes

  • 11 décembre : dernier jour de la COP21