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03/12/2016

Berlin et Bruxelles rejettent toute taxe carbone sur les produits américains

Climat & Environnement

Berlin et Bruxelles rejettent toute taxe carbone sur les produits américains

Factory pollution [I. Barbour/Flickr]

L’Allemagne et la Commission européenne ont rapidement rejeté la proposition de Nicolas Sarkozy visant à taxer les importations venant des États-Unis, si l’administration Trump venait à dénoncer l’accord sur le climat conclu l’année dernière à Paris.

Le futur président américain, Donald Trump, qui affirme croire que le dérèglement climatique ne peut pas être imputé à l’activité humaine, s’est engagé au cours de sa campagne à dénoncer l’accord de 2015 qui prévoit la réduction des émissions de gaz à effets de serre.

>>Lire : Trump président, quel impact sur l’énergie et le climat?

Dimanche, l’ancien président français Nicolas Sarkozy, en lice pour être le candidat de son parti à l’élection présidentielle française qui doit se tenir en mai 2017, a proposé de taxer les importations américaines de 1 % à 3% si Donald Trump mettait sa menace à exécution.

Taxation

« On ne peut pas se retrouver dans une situation où nos entreprises ont des obligations, mais où on continue à importer des produits venant de pays qui ne respectent aucune de ces obligations », a-t-il plaidé à quelques jours du premier tour de la primaire de la droite, dans laquelle l’ancien président est toujours devancé dans les sondages par Alain Juppé.

>>Lire : Juppé donné gagnant du débat de la droite devant Sarkozy et Le Maire

À Marrakech, où est organisée une nouvelle conférence sur le climat, l’Allemagne et la Commission ont rejeté cette proposition. « L’Allemagne a décidé de ne pas s’engager sur ce chemin et privilégie les échanges de quotas d’émissions », a déclaré la ministre allemande de l’Environnement, Barbara Hendricks.

Pas de chantier européen

De son côté, le commissaire européen au climat, Miguel Arias Cañete, a aussi refusé d’embrayer sur la proposition de Nicolas Sarkozy. « Nous avons toujours dit que nous n’aimions pas l’idée de la taxe carbone – que ce soit avant ou après les élections américaines. La Commission européenne ne prépare actuellement aucune proposition sur le sujet » a-t-il affirmé à la presse.

Virage climatosceptique

La proposition de Nicolas Sarkozy est intervenue alors que le candidat a récemment changé de cap en remettant publiquement en cause le rôle de l’homme dans le réchauffement climatique.

Le candidat à la primaire de la droite avait déclaré qu’il fallait « être arrogant comme l’homme pour penser que [nous] avons changé le climat ». « On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c’est très intéressant, mais ça fait 4,5 milliards d’années que le climat change. L’homme n’est pas le seul responsable de ce changement », avait affirmé l’organisateur du Grenelle de l’Environnement.