EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

28/09/2016

Bruxelles Naples et Bordeaux sous l’eau si le climat se réchauffe de 4 °

Climat & Environnement

Bruxelles Naples et Bordeaux sous l’eau si le climat se réchauffe de 4 °

Le Nord de Bruxelles serait inondé en cas de réchauffement climatique de +4°

La montée des eaux induite par le changement climatique entraînerait la disparation des zones d’habitation de près de 700 millions de personnes.

Plusieurs régions européennes risquent d’être rayées de la carte si la hausse des températures liée au changement climatique atteint +4°. Une nouvelle projection du think-tank Climate Central souligne en effet que les habitations de 760 millions de personnes risquent d’être englouties sous les eaux à terme, alors que la limitation de la hausse des températures à + 2° n’exposerait que 130 millions de personnes.

En Europe, les régions maritimes seraient très exposées, mais certaines zones plus que d’autres. La Belgique et les Pays-Bas, dont une partie est en dessous du niveau de la mer, verraient leur territoire singulièrement réduit.

Ainsi, le nord de l’agglomération de Bruxelles pourrait être submergé, comme le montre la photo.

En France, l’agglomération de Bordeaux serait aussi atteinte par la montée des eaux, sans parler du vignoble dont le produit est déjà affecté par le changement climatique Au total, 178.000 personnes vivant dans l’agglomération seraient contraintes de déménager, soit 0,26 % de la population du grand Bordeaux. Selon les projections utilisées par E3G, la hausse du niveau de la mer atteindrait 7,7 mètres dans la région en cas de hausse de 4 ° des températures, contre seulement +4,6 mètres si le thermomètre limite sa hausse à +2°.

Certaines zones, comme les îles, verraient leur contour redessiné. C’est le cas de l’île d’Yeu par exemple, comme le montre cette image

L'île d'Yeu après une hausse des températures de +4°L’île d’Yeu après une hausse des températures de +4°

>>Lire :  Le changement climatique risque de pénaliser le vin européen

En Italie, c’est la ville de Naples dont une partie finirait sous les eaux si la trajectoire du réchauffement climatique n’est pas inversée.

Cette exposition très locale des régions maritimes au changement climatique explique la motivation de certaines régions de faire plus pour l’environnement.

>>Lire : Ville, régions et changement climatique

Les régions maritimes ont d’ailleurs revendiqué, vendredi 6 novembre, « un rôle majeur dans la lutte contre le changement climatique et pour l’adaptation.

« Les régions maritimes sont au cœur de la renaissance industrielle de l’Europe. Le secteur naval emploie 500.000 personnes avec un chiffre d’affaires de 72 milliards d’euros. C’est un secteur stratégique » a affirmé Antonio Tajani lors d’un congrès des régions périphériques maritimes, à Florence en Italie.

L’adaptation, enjeu oublié ?

Les éléments d’adaptation sont aussi importants que la lutte contre le changement climatique, selon le think-tank qui plaide pour une ambition importante sur la question de l’adaptation dans l’accord de Paris en préparation. « L’accord de Paris doit changer notre approche de planification face au risque climatique, apporter des ressources pour résister aux aléas et protéger les plus vulnérables » assure Camilla Born, chargé de campagne chez E3G.

Les ministres de l’environnement de 60 pays sur les 182 pays concernés par les négociations climat sont réunis à Paris jusqu’au 10 novembre, afin de s’accorder sur les conditions de l’accord.

« Le texte de Bonn est long, trop long, mais cela reste notre base de travail » a précisé le ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, vendredi 6 novembre. Formé de 26 articles et d’un préambules, l’accord en discussion reste encore assez général. Les discussions en cours ont pour but de le préciser. Les ministres travailleront en quatre groupes, sur les questions de l’ambition, de l’équité, des actions concrètes à négocier et du financement. La question de l’adaptation est une des questions transversales cruciales de l’accord : elle concerne à la fois les financements, l’après 2020, mais aussi les rapports Nord/Sud et les petits états insulaires.

Contexte

Les négociations sur le changement climatique ont démarré en 1992, et sont marquées par une conférence internationale annuelle appelée Conférence des Parties, ou COP.

Après la COP 19 à Varsovie fin novembre 2013, le Pérou s'est chargé de la 20ième conférence, à Lima, en décembre 2014.

Paris organise la 21ème conférence, au Bourget, début décembre 2015, une conférence qui revêt une importance particulière. Comme à Copenhague en 2009, les Etats doivent trouver un accord pour donner suite au protocole de Kyoto, dont l'objet était de réduire les émissions de CO2 entre 2008 et 2012. L'enjeu est donc de trouver un cadre juridique contraignant ou non.

Pour l'heure, environ 90 Etats ont rendu leur contribution nationale en vue de la COP 21. Les régions et les villes participent via un engagement volontaire à cette négociation internationale. 

Plus d'information