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02/12/2016

Cañete défend le rôle environnemental du plan Juncker

Climat & Environnement

Cañete défend le rôle environnemental du plan Juncker

Miguel Arias Cañete lors du Fórum Europa de l'agence EFE.

[EFE/Angel Díaz]

Infrastructures énergétiques et changement climatique représentent les thèmes d’investissement prioritaire, selon le commissaire européen en charge de l’action pour le climat. Un article d’EurActiv Espagne.

À l’occasion du EFE Fórum Europa, un événement organisé par la Commission et l’agence de presse espagnole EFE, le commissaire a insisté sur le nouvel environnement institutionnel et politique en faveur des énergies renouvelables, ainsi que sur la nécessité d’orienter les investissements – tant publics que privés – vers les objectifs fixés lors de la conférence de Paris sur le changement climatique.

Accélérer le processus de ratification

La Commission européenne veut accélérer le processus de ratification de l’accord de Paris sur le changement climatique, a déclaré Miguel Arias Cañete.

Le commissaire a reconnu que «les élections, les gouvernements au pouvoir et les référendums» rendaient la ratification difficile dans certains pays mais que d’autres étaient prêts à signer l’accord.

Le commissaire espagnol a affirmé que l’UE était en première ligne en termes de réduction des émissions, mais que le plus important était le cadre législatif – encadrant les renouvelables, l’efficacité énergétique, les émissions des bâtiments – permettant d’atteindre ces objectifs.

>> Lire : Pollution de l’air et climat, préoccupations prioritaires des Français

Il se peut que l’accord de Paris entre en vigueur avant que les 28 États membres de l’UE ne le ratifient. Ce serait le cas s’il est signé par 55 pays qui représentent au moins 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

« La mise en œuvre, les actions de chaque pays pour atteindre leurs objectifs et pour développer leurs capacités sont plus importants que les objectifs », a commenté le commissaire.

« C’est pour cela que nous avons pu débattre à la COP 21 avec une feuille de route crédible », a-t-il ajouté.

Négociation avec les États membres

L’exécutif doit désormais négocier avec les États membres la répartition de l’effort, a affirmé le commissaire, tant dans le secteur industriel, que dans les secteurs du transport, de l’agriculture et du bâtiment.

Miguel Arias Cañete a annoncé qu’il allait bientôt proposer un changement des normes d’émission des véhicules légers et de l’industrie automobile.

Le plan Juncker a compensé la chute des investissements

Selon lui, les investissements du plan Juncker ont permis de compenser la chute des investissements et les limites budgétaires dans le domaine de l’énergie et du changement climatique. Durant son intervention, il a rappelé la nécessité d’investir dans ces secteurs dans un futur proche.

Le plan Juncker, qui vise à lever 315 milliards d’euros d’investissement, a pour objectif, entre autres, d’impulser des changements énergétiques et environnementaux qui favoriseront l’investissement et la création d’emploi.

Un total de 240 milliards d’euros sont destinés aux infrastructures, et 75 milliards aux petites et moyennes entreprises.

« Nous sommes passés des contributions à fonds perdu à des aides qui permettent de multiplier l’action des fonds investis », a expliqué Miguel Arias Cañete, tout en rappelant que les besoins d’investissement dans l’énergie et l’environnement dans l’UE ne pouvaient « pas être comblés uniquement avec de l’argent public ».

Selon lui, le marché de l’énergie a besoin de quelque 200 milliards d’euros d’investissement par an, dont il ne bénéficie pas actuellement. L’UE a un marché de l’énergie « fragmenté, qui ne donne pas de signe d’investissement et qui a des difficultés à s’adapter aux renouvelables », a estimé le commissaire.

Néanmoins, les grands fonds souverains et fonds de retraite sont en train de changer de direction et de miser sur les renouvelables et l’efficacité énergétique plutôt que sur les combustibles fossiles.

« Le changement climatique est le plus grand défi que nous avons à affronter et il conditionne aussi les investissements », a ajouté le commissaire, qui considère que l’accord de Paris est une « étape historique ».

Selon le commissaire, la perception mondiale des énergies renouvelables a changé et l’un des avantages du plan Juncker est le recours à des opérateurs privés. « La Commission essaye de faire en sorte que le cadre pour les investissements soit stable, car la stabilité budgétaire crée de l’emploi et de l’investissement. »

800 milliards de dollars

Le commissaire estime qu’une révolution du modèle énergétique pourrait permettre de lever jusqu’à 800 milliards de dollars par an dans le monde, notamment grâce aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique.

Pour 2015, a-t-il rappelé, l’objectif européen est de décarboniser l’économie entre 80 % et 100 % pour lutte contre le réchauffement climatique.

« Nous allons assister à une véritable révolution », a-t-il souligné, tout en rappelant que 20 % du budget européen était alloué aux politiques de lutte contre le changement climatique.

Le commissaire a rappelé la nécessité d’interconnecter énergétiquement tous les pays de l’UE et, sans vouloir s’immiscer dans le débat sur le Brexit, il a souligné que le Royaume-Uni n’était pas interconnecté avec le réseau européen et qu’il manquait au pays une « production d’énergie propre ».

>> Lire : La Commission approuve l’aide aux énergies fossiles au Royaume-Uni