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03/12/2016

Les tabloïds remportent la bataille du grille-pain

Climat & Environnement

Les tabloïds remportent la bataille du grille-pain

Les grille-pains sont sauvés.

[Anthony Agius/Flickr]

La Commission européenne a décidé de ne pas inclure sèche-cheveux et grille-pains dans sa législation verte, après des campagnes de presse très eurosceptiques sur le sujet.

Les règles européennes en matière d’efficacité énergétique touchant les aspirateurs avaient entrainé un vaste débat sur une législation excessive de la part de la Commission.

Frans Timmermans, vice-président de l’exécutif, a admis que les gros titres sur les aspirateurs, notamment en Allemagne et au Royaume-Uni, avaient alimenté l’euroscepticisme. « Ils ont été très influents », a-t-il reconnu, après avoir révélé que les bouilloires électriques et les sèche-mains seront soumis à de nouvelles règles, mais pas les grille-pains.

>> Lire : La Commission n’ose pas s’attaquer aux toasts britanniques

« Nous sommes très sensibles à ce que nous avons vu dans le passé. Le collège des commissaires a eu deux débats sur le choix des produits à réglementer, a-t-il précisé. « Nous nous fondons sur les preuves. Nous voulons identifier les produits ayant le plus grand poids énergétique. C’est pourquoi les bouilloires électriques sont sur la liste et les grille-pains non. J’étais très sceptique au début, la seule manière de me convaincre est de me montrer des preuves. ».

La communication de la liste des produits proposés pour examen dans les trois ans à venir avait été retardée jusqu’après le référendum du Brexit, en juin.

« Ça aurait pris moins de temps sans le contexte des campagnes anti-UE, mais ce qui est bénéfique, c’est que nous avons eu de vraies discussions sur les mérites de ces mesures », poursuit-il. « Nous ne vivons plus dans ce monde paternaliste où la Commission prend des décisions et où les citoyens chantent en cour ‘merci la Commission’. »

Une fuite au sein de la Commission a révélé que les grille-pains échapperaient à des mesures réglementaires, ce qui a valu à Jean-Claude Juncker les louanges du tabloïd allemand Bild.

Frans Timmermans assure pourtant que la Commission n’a pas peur de la mauvaise presse. « Il faut faire un choix, on suit soit la rhétorique, soit les preuves », a-t-il déclaré.

Les produits figurant sur la liste des produits qui entreront potentiellement dans la directive sur l’écoconception sont donc les sèche-mains, les ascenseurs, les panneaux solaires, les systèmes de contrôle et d’automatisation des bâtiments et les transports réfrigérants. L’écoconception est un élément essentiel des efforts de lutte contre le changement climatique de l’UE, a rappelé Frans Timmermans, et est nécessaire au respect des engagements européens de l’accord de Paris et sur l’économie circulaire.

« Je ne vois pas comment ces règles pourraient être mises en place au niveau national et, franchement, ça n’est pas contesté par les États membres », a-il fait remarquer lors d’un événement organisé par le BEUC.

« Les mesures d’écoconception devraient se concentrer sur l’allongement de la durée de vie des produits et sur la facilité avec laquelle on les répare ou recycle, afin de réduire leur énorme consommation de ressources naturelles. Ce n’est que comme cela que l’on bénéficiera du plein potentiel de l’écoconception dans la transition à une économie circulaire », assure Stéphane Arditi, coordinateur de la campagne Coolproducts.

Le BEUC souligne par ailleurs que l’écoconception n’est pas uniquement bénéfique à l’industrie et à l’environnement, puisqu’elle pourrait permettre à chaque consommateur d’économiser jusqu’à 330 euros par an.

>> Lire : Bruxelles traine des pieds sur l’écoconception