Dernière ligne droite pour les négociations climatiques à Bonn

La dernière session officielle des négociations climatiques s'est ouverte le 19 octobre à Bonn. [UNFCCC]

La première journée du dernier round de négociations climatiques n’a pas donné les résultats escomptés. Les pays du G77 réclament toujours plus d’argent aux pays industrialisés, qui ne peinnent à convaincre de leur mobilisation sur la question des financements. Un article de notre partenaire le Journal de l’environnement.

La dernière ligne droite nous mènera-t-elle au but ? Le 19 octobre, la dernière session officielle des négociations climatiques s’est ouverte à Bonn. Six semaines avant l’ouverture du sommet climatique de Paris (COP 21), les négociateurs de 195 États se sont retrouvés dans l’ancienne capitale d’Allemagne pour évoquer le projet d’accord.

Un pré-accord de 9 pages…

Le 5 octobre dernier, les deux co-présidents du groupe de travail spécial de la plate-forme de Durban avaient publié un projet d’accord de 9 pages ainsi que plusieurs dizaines de décisions pouvant être votées par la COP 21. Le but donné aux participants à la conférence de Bonn est de valider ce dispositif. Le texte concocté par l’Américain Daniel Reifsnyder et l’Algérien Ahmed Djoghlaf serait alors officiellement considéré comme un texte de négociations, dernière étape avant qu’il ne soit officiellement versé dans la catégorie du pré-accord de Paris.

« Devant le manque de temps et le sentiment partagé qu’il y a urgence (…), nous appelons toutes les parties à se tenir prêtes à engager la négociation sur la base du texte, afin de pouvoir produire le brouillon d’accord à finaliser pendant la COP », ont rappelé les deux co-présidents dans une note.

… qui n’est pas une base de négociations

Ce n’est pas gagné. De nombreux pays membres du puissant G77 (qui compte 134 membres, dont la Chine) ont souligné que le texte proposé par Daniel Reifsnyder et Ahmed Djoghlaf ne reprenait pas leurs revendications, notamment sur le financement, et qu’en conséquence il ne pouvait être considéré comme une base de négociations sérieuse. Dans leur note, les deux co-présidents laissent la porte ouverte à des ajouts à leur texte.

Le flop de Lima

Lors de l’assemblée générale du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, les nations du Nord ont été incapables de prouver qu’elles tiendraient la promesse faite en 2009 à Copenhague : allouer 100 milliards de dollars (88 Md€) par an aux pays vulnérables, d’ici 2020. Grâce au soutien des banques de développement, les ministres des Finances des pays « riches » annoncent pouvoir mobiliser 77 Md$/an (68 Md€) d’ici 5 ans. Inacceptable pour les pays en développement.

INDC insuffisantes

Autre pierre d’achoppement : le niveau d’engagement des pays développés. Un rapport publié en fin de journée par une vingtaine d’ONG évalue les contributions nationales volontaires (INDC) des pays développés à l’aune de leur responsabilité historique. Sans surprise, ces politiques climatiques ne suffiront pas à « compenser » deux siècles d’émission de gaz à effet de serre. La contribution russe récolte ainsi un zéro pointé ; l’INDC japonaise représente le 10e des actions attendues ; les États-Unis et l’Union européenne vont réaliser, estime le rapport, 20 % de l’action nécessaire pour contrebalancer les effets de leurs émissions. Pas sûr que cela calme les débats à Bonn.

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La planète a largement condamné la décision du président américaine de sortir de l'accord de Paris. Macron promet des initiatives dans les jours qui viennent sur le climat.

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