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03/12/2016

Des bilans carbones contrastés au sein de l’UE

Climat & Environnement

Des bilans carbones contrastés au sein de l’UE

En fermant une de ses centrales au mazout, Malte a fait un bond en avant dans la réduction des émissions de CO2.

[Giuseppe Milo/Flickr]

Si les émissions de CO2 ont augmenté de 0,7 % dans l’UE en 2015, l’interconnexion avec la Sicile a permis à Malte de réduire ses émissions d’un tiers.

Le CO2 n’est pas le seul gaz contribuant au changement climatique, mais constitue 80 % de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre en Europe. En 2013 et 2014, les émissions avaient respectivement chuté de 2,5 et 5 %. Elles sont reparties à la hausse en 2015, à la faveur du relatif redémarrage de l’économie européenne.

C’est en Slovaquie et au Portugal que l’augmentation a été la plus marquée, avec respectivement 9,5 et 8,6 % de plus qu’en 2014. Si l’augmentation des émissions concerne presque tous les États membres, huit d’entre eux sont néanmoins parvenus à réduire leur production de CO2, notamment la Grèce (-5 %), le Danemark (-9,9 %) et l’Estonie (-16 %). C’est cependant à Malte que la réduction est la plus importante, avec  26,9 % d’émissions en moins ! À noter que Malte est également l’un des deux pays dont le PIB a le plus augmenté l’an dernier (+1,1 %).

En 2014, Malte était l’un des six États dans lesquels les émissions de CO2 n’avaient pas diminué. À l’inverse, la Slovaquie était le pays qui avait le plus réduit ses émissions, avec plus de 14 % de moins que l’année précédente.

>> Lire : Le potentiel des énergies renouvelables est sous-utilisé en Europe

Variation des émissions de CO2, 2015/2014 (estimations)

Variation des émissions de CO2, 2015/2014 (estimations)

[Eurostat]

Interconnecteur électrique à Malte

Jusqu’à récemment, l’électricité était entièrement produite à partir de mazout lourd. Valletta mise sur une transition vers un système moins polluant, grâce au gaz naturel et aux renouvelables.  Aujourd’hui, les renouvelables commencent à se développer, notamment l’éolien et le solaire, meilleurs atouts de l’île, selon la Commission européenne.

La réduction spectaculaire de l’année dernière est cependant avant tout liée à l’inauguration d’un interconnecteur électrique reliant Malte à la Sicile, en avril 2015, qui a permis de fermer l’une des deux centrales au mazout. La deuxième est en train de se convertir au GNL.

L’interconnecteur met un terme à l’isolation énergétique de l’île et lui donne accès au marché de l’électricité européen. Selon les chiffres de la Commission européenne, son interconnexion est en effet passée de 0 % à 35 % grâce à cette nouvelle structure.

>> Lire : L’Union de l’énergie vise une interconnexion de 10 % pour l’électricité

Du pain sur la planche

Ces résultats montrent que les États membres risquent de peiner pour atteindre leurs objectifs de réductions d’émissions. L’UE s’est en effet engagée à réduire ses émissions de carbone de 20 % d’ici 2020, et d’au moins 40 % d’ici 2030. Or, en un an, l’UE a connu un retour en arrière de près de 6 % (de -5 % à +0,7 %).

L’accord de Paris prévoit également de maintenir le réchauffement climatique à « bien moins de 2°C », un objectif qui ne sera possible que si tous les gouvernements prennent des mesures supplémentaires efficaces rapidement.

>> Lire aussi : L’UE en passe d’abandonner le verdissement des transports

Contexte

Les émissions de CO2 de l’UE auraient augmenté en 2015, selon les prévisions d’Eurostat. Après plusieurs années de diminution, les premiers résultats pour l’année même de la signature de l’accord de Paris à la COP 21 sont décevants et souligne le chemin à parcourir avant que les États européens puissent atteindre leurs objectifs climatiques.

>> Lire : L’accord de la COP21, un texte qui ne résout rien

L’UE s’est engagée à réduire de 20 % ses émissions d’ici 2020 et d’au moins 40 % d’ici 2030. Il serait donc temps pour les États membres de mettre le pied au plancher.

>> Lire : Les dirigeants de l'UE adoptent des objectifs énergie-climat « flexibles » pour 2030