Des entreprises allemandes veulent que l’UE revoie son ambition climatique à la hausse

Adidas fait partie des grandes entreprises qui souhaitent que l'UE révise à la hausse ses objectifs climatiques. [Julia P/Flickr]

Adidas, Puma, Aldi et Commerzbank, entre autres, demandent une révision à la hausse de la politique climatique et énergétique européenne après l’accord de la COP 21.

Quelque 30 géants allemands, dont Adidas, Puma, Aldi, Commerzbank, mais aussi la société de croisière Aida, la société de services publics ENBW et Otto Fuchs, entreprises spécialisées dans l’aérospatial et la construction, souhaitent :

  • une hausse des objectifs climat et énergie, et notamment de l’efficacité énergétique, qu’ils veulent faire passer de 27 % à 40 % ;
  • « un changement complet » du financement et de la législation des transports, afin de réduire de 95 % les émissions de gaz à effet de serre et d’encourager le transport ferroviaire et les véhicules électriques ;
  • une restructuration du système européen d’échange de quotas d’émissions plus profonde que ce qui est actuellement prévu, afin de fixer un prix pour le carbone qui dynamise l’investissement et entraine une réduction de 95 % des émissions d’ici 2050.

Le 12 décembre, 195 nations ont signé un accord ayant pour but de limiter le réchauffement climatique à « bien moins » de deux degrés au-dessus des niveaux préindustriels, puisque le texte mentionne un objectif à long terme de maximum 1,5 degré. Cet accord a été salué comme le début de la fin pour les énergies fossiles, bien qu’il ne prévoit pas comment les États parviendront à atteindre cet objectif.

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L’accord de Paris marque un tournant, soulignent les entreprises dans un communiqué de presse commun. « Les gouvernements du monde entier ont donc réellement décidé de prendre des mesures concrètes bien avant la fin du siècle afin de sortir progressivement des énergies fossiles », ajoutent-elles.

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La baisse des coûts liés aux énergies renouvelables et aux technologies d’efficacité énergétique rend aujourd’hui ce genre de mesures plus facile à concrétiser que jamais auparavant, estiment les entreprises, qui ont été réunies par l’association commerciale B.A.U.M. (regroupant 550 entreprises allemandes), la Fondation 2° (12 grandes entreprises) et l’ONG de développement et d’écologie Germanwatch.

L’accord historique de Paris engendrera des révisions profondes de la politique européenne, afin de créer un cadre financier et législatif qui encourage l’investissement dans l’économie à faibles émissions de carbones, assurent-elles à l’UE et au gouvernement allemand.

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Les déclarations de ces géants commerciaux allemands ont un poids considérable, parce qu’elles proviennent de la plus grande puissance économique européenne, mais aussi parce que l’accord de la COP 21 est le signal fort que les marchés attendaient pour diriger l’investissement vers les technologies vertes.

Objectifs pour 2030

Ces grandes entreprises se sont donc engagées à devenir pionnières de la transition énergétique mondiale. Elles estiment que l’accord de Paris oblige l’UE à revoir ses objectifs climatiques à la hausse.

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En octobre 2014, les dirigeants européens ont accepté de réduire de 40 % leurs émissions de gaz à effet de serre, comparé aux niveaux de 1990, d’ici 2030 et de hausser de 27 % leurs objectifs d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique.

La Commission européenne avait prévu un objectif de 30 % dans ces deux secteurs, mais le Conseil européen avait baissé la barre de 3 %. L’exécutif européen attendait le résultat des négociations de Paris avant de rédiger la version finale de la législation.

Les entreprises allemandes soutiennent un objectif encore plus ambitieux de 40 %, tout comme certains eurodéputés. Le Parlement et le Conseil des ministres devront s’accorder sur une version du texte avant qu’il ne prend force de loi.

Les entreprises allemandes appellent également le gouvernement allemand à prendre des mesures pour réduire les émissions nationales de 80 à 95 % d’ici 2050.

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Contexte

Les négociations sur le changement climatique ont commencé en 1992. Tous les ans, l'ONU organise une conférence internationale sur le changement climatique appelée la Conférence des Parties, ou COP.

La 21ème conférence sur le climat, le COP 21, s'est déroulée à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015.Les États participants y ont conclu un accord pour remplacer le protocole de Kyoto, dont le but était de réduire les émissions de CO2 entre 2008 et 2012.