En Europe, la pollution de l’air tue plus que la route

87 % des citadins exposés à des concentrations de particules préoccupantes [martin allen/Flickr]

Plus de 400.000 Européens meurent prématurément chaque année des effets d’une exposition prolongée à un air pollué, indique le nouveau rapport de l’Agence européenne de l’environnement (AEE), publié lundi 30 novembre. Un article de notre partenaire le JDLE.

Les dangers de la route ne sont pas les plus visibles. Dix fois plus de morts sont causées par la pollution de l’air que par les accidents. En outre, 6,5 millions de citadins sont victimes de maladies associées à cette pollution : asthme, bronchites ou attaques cardiaques. Les polluants atteignent aussi la végétation et la vie sauvage : un tiers des écosystèmes européens sont menacés par les effets de la pollution de l’air.

87 % des citadins exposés à des niveaux élevés de particules

Si les réglementations ont apporté des améliorations dans les dernières décennies, celles-ci restent insuffisantes au regard des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 87 % de la population citadine est exposée à des niveaux de particules fines supérieurs aux standards de l’organisation onusienne. En revanche, les standards nettement plus laxistes de l’Union européenne chiffrent cette population à 9 %. Augmenter les standards de l’Union européenne au niveau de ceux de l’OMS reviendrait à réduire d’un tiers les concentrations de particules fines PM2.5. Ce qui aurait pour conséquence d’éviter 144.000 morts prématurées par rapport à aujourd’hui, selon l’AEE. L’exposition à l’ozone, à des taux supérieurs à ceux prônés par l’OMS, concerne 98 % de la population urbaine. En revanche, l’objectif à long terme de protection des végétaux a été atteint dans 86 % des zones agricoles de l’UE.

Dioxyde d’azote et ozone en excès

L’agence a également évalué pour la première fois le nombre de morts prématurées dues au dioxyde d’azote (NO2) : 75.000 par an en Europe. La limite annuelle a été « largement dépassée », notamment en Allemagne, Espagne, France, Italie et Royaume-Uni, avec des concentrations à 93 % à proximité des grandes routes.

Ces conclusions tendent à donner un caractère immoral à la décision du mois dernier des ministres de l’Environnement, consistant à diminuer les restrictions d’émission de NOx des véhicules diesel dans la norme européenne.

L’argument santé vaut pour le climat

En Suisse, le parti des Verts entend s’appuyer sur les conclusions du rapport de l’AEE pour forcer le gouvernement à faire passer l’objectif national de réduction des émissions de CO2 de 20 % à 40 % d’ici 2020. S’ils n’obtiennent pas satisfaction, les écologistes menacent d’engager une action en justice.

D’autre part, un paquet de réglementations « Air propre » a été proposé à l’Union européenne en 2013. Celui-ci coûterait 2,2 milliards d’euros par an jusqu’en 2030, mais économiserait 3,3 Md€ de coûts directs causés par la pollution et 40 à 140 Md€ en coûts indirects (liés à une progression de la santé). Soit un bénéfice de 20 fois la mise, précise l’AEE.

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