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06/12/2016

Les ONG redoutent le toilettage des directives oiseaux et habitats

Climat & Environnement

Les ONG redoutent le toilettage des directives oiseaux et habitats

@F.Sepulveda

La Commission veut revoir les lois européennes sur la conservation de la nature. Les défenseurs de l’environnement craignent un affaiblissement de la législation actuelle. Un article d’EurActiv Allemagne.

La loi européenne sur la conservation de la nature est sous le feu des projecteurs. Tout a commencé lorsque Jean-Claude Juncker a envoyé une lettre de mission au commissaire en charge de l’environnement, Karmenu Vella, début 2015, lui demandant de réaliser « un contrôle qualité » des directives relatives aux oiseaux et aux habitats naturels, et de déterminer si elles pouvaient être « plus modernes ». La Commission est en train d’analyser le rapport et décidera, en juin, si la loi doit être révisée.

Des organisations et représentants de l’industrie soutiennent ce bilan de qualité. La fédération des industries allemandes (BDI) s’est déjà plainte de ces lois par le passé : « exigences vagues », « incertitude juridique » et « retards des procédures » font partie des principaux reproches.

Les groupes de protection de l’environnement s’inquiètent quant à eux de l’avenir de Natura 2000, un réseau de zones protégées dans l’UE et l’un des plus grands programmes de ce genre dans le monde. Ils craignent qu’une réforme n’entraine la construction de routes, de centrales nucléaires ou le développement urbain des 25 000 sites qui constituent le réseau.

>> Lire : Les ONG craignent les effets du «mieux légiférer» sur l’environnement

L’Union pour la conservation de la nature et de la biodiversité (NABU) et 27 de ses partenaires ont rédigé un rapport examinant l’avenir de ces lois européennes et critiquent sévèrement le projet de réforme.

Selon le président de l’ONG, Olaf Tschimpke, la seule chose à faire devrait être « d’imposer une application plus stricte des lois sur la conservation et de proposer des financements adéquats, et non pas un affaiblissement ». Une réforme signifierait que la Commission ignore les précédents succès du système. « Plusieurs études montrent que les directives européennes en matière de conservation ont déjà sauvé de nombreuses espèces, alors que la biodiversité est en déclin », a ajouté Olaf Tschimpke. Ces études montrent par exemple que la population de grues en Europe occidentale est passée de 45 000 en 1985 à 300 000 en 2012.

L’organisation de défense de l’environnement WWF, estime aussi que les effets à court terme des politiques de Juncker sur l’industrie et la croissance pourraient menacer 60 % des espèces animales et végétales, et 70 % de leur habitat. Le nombre d’ours, d’aigles et de baleines devrait chuter.

Les ministres européens de l’Environnement et le Parlement européen ont déjà appelé la Commission à ne pas affaiblir les lois sur la conservation de la nature. Un rapport à mi-parcours de la stratégie de l’UE en matière de biodiversité, réalisé par le Parlement, appelle les dirigeants européens à « écouter les 500 000 citoyens qui demandent une meilleure application des directives sur la protection de la nature ».